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Boris Johnson, homme politique et punk?

BoJo a ravivé l’esprit d’indépendance et d’audace des Britanniques.

Boris Johnson, homme politique et punk?
Boris Johnson, le 13/11/2022 / PHOTO: SOPA Images/SIPA / 01094266_000017

Dans un livre de chroniques, Thierry Martin nous livre un portrait du plus excentrique des hommes politiques modernes.


Le recueil de chroniques anglaises, BoJo, un Punk à Downing Street, du journaliste et anglophile Thierry Martin nous livre tout le parcours de Boris Johnson comme Premier ministre de Sa Majesté; de sa victoire historique aux general elections en décembre 2019, jusqu’à son départ précipité en juin 2022. Thierry Martin ne cache pas son admiration pour le personnage, qui aujourd’hui fait le tour du monde pour donner des conférences et a repris ses chroniques au Daily Telegraph, chroniques pour lesquelles tant d’Anglais l’appréciaient jusqu’à ce qu’il se lance à plein temps dans la politique. A travers l’ouvrage, Frédéric Martin nous livre un portrait du paysage politique britannique parfois bien différent de celui que l’on trouve dans nos journaux français, lesquels calquent parfois leurs visions franco-françaises avec une grande facilité sur les évènements politiques outre-Manche. « D’emblée, j’ai eu un coup de cœur pour Boris, personnage excentrique d’un point de vue français ; parce qu’il faisait toujours les choses sérieusement sans jamais se prendre au sérieux ».[1]  C’est en effet un trait bien souligné par l’auteur dans son livre, sur cet homme politique au pedigree certes classique – Eton puis Oxford – mais au profil pour le moins excentrique. 

De l’accord sur le Brexit, arraché en décembre 2019, à la crise du coronavirus – qui lui aura coûté son poste -, en passant par son mariage avec l’indomptable Carrie Symonds, nous découvrons en détail, presque au jour le jour, le gouvernement parfois bien tumultueux du personnage. BoJo, élu avant tout pour que la Grande-Bretagne quitte l’UE, après avoir fait chuter Theresa May qui était tout sauf une brexiteer, provoque un enthousiasme inédit au sein de l’électorat britannique, que seuls Churchill, Thatcher ou Blair avaient su provoquer. Avec une majorité de 80 sièges aux Communes, l’ancien maire de Londres remporte la plus grande victoire aux Communes de l’histoire du parti. Avec l’accord sur le Brexit, il rend la liberté aux Britanniques, envers et entre tout. D’ailleurs, le jour de l’entrée en vigueur de l’accord sur le Brexit, Frédéric Martin salue le jour où « l’Angleterre reprend sa liberté comme elle seule avait le courage de la conserver, Dieu merci, en 1940 ».[2] Avec le Brexit, BoJo ravive l’esprit d’indépendance et d’audace des Britanniques, capables de braver toutes les incertitudes, à l’image de ses grands explorateurs : Francis Drake ou David Livingstone. 

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Pour autant, bien que célébré, voire adulé par son parti et une partie de l’électorat, les ennuis affluent vite pour BoJo, avec la crise du coronavirus en mars 2020, présageant sa fin prochaine. Du renvoi de son proche conseiller Dominic Cummings, « l’homme du Brexit », aux révélations sur les fêtes organisées, en plein confinement, à Downing Street (partygate), réutilisées à outrance par l’opposition, sa crédibilité commence sérieusement à se dégrader.

Finalement, début juillet 2022 une rébellion éclate au sein du parti, menée par son chancelier, Rishi Sunak, aujourd’hui Premier ministre, et met fin au « formidable règne échevelé » de BoJo[3]. Pour autant, c’est sous les applaudissements et non en disgrâce qu’il est parti, tant sa figure était populaire et le reste encore. « Bring Back Boris » titre la dernière chronique en date du 28 juillet 2022.[4] Dès le mois de juillet, en effet, plusieurs journaux parient sur son possible retour, tant la campagne pour l’élection du futur Premier ministre entre Liz Truss et Rishi Sunak est ennuyeuse.

L’ouvrage s’arrête à l’été 2022 et nous pouvons le regretter, tant il s’est produit d’évènements entre l’élection de Liz Truss en septembre, ses débuts chaotiques et sa démission après un mois et dix-neuf jours seulement, et Rishi Sunak, « le traître », qui lui a finalement ravi sa place après sa défaite en septembre. Dire que BoJo a failli revenir dans la course !

Thierry Martin finit sur une ode à « l’esprit de buisness » de BoJo, qui permettra, selon lui au Royaume-Uni d’affronter l’avenir avec optimisme dans son ère post-Brexit. Pour l’instant, il ne s’est pas trompé.


[1] T.A. Martin, BoJo, un punk au 10 Downing Street, Thierry Martin, 2022.

[2] Ibid., p.107

[3] Ibid., p.269.

[4] « 77 – « Bring back Boris », Comme Boris Johnson prépare son retour », Ibid., pp.309-312.


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Journaliste franco-britannique

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