Mon Dieu que les Anglais ont de la chance. On savait déjà que les compatriotes de Ray Davies, de Guy Ritchie et des Monty Python nous surclassaient en musique, en cinéma, en humour voire en gastronomie télévisuelle (comparez trente secondes d’émissions de Cyril Lignac et de Jamie Oliver, vous verrez what I mean).

Je ne vous parle même pas de mode masculine, de protection du patrimoine architectural, de fleurissement des centres-villes. Je vous parlerai encore moins du stilton que, perso, je juge supérieur au roquefort –mais après tout notre site n’a-t-il pas pour devise « Surtout si vous n’êtes pas d’accord ».

Mais là où les Anglais ont vraiment de la chance, c’est avec leurs hommes politiques. D’abord, ils sont souvent bien habillés, ce qui doit être manifestement prohibé dans le règlement de notre Assemblée Nationale et ensuite ils sont parfois drôles, et j’entends par là vraiment drôles, donc limite-limite et donc aussi aux antipodes des plaisanteries à deux balles de nos politiciens made in France, tellement nulles, millimétrées et aseptisées qu’on les croirait rédigées dans un atelier clandestin de communicants pakistanais ou, pire encore, par ceux-là même qui les ont lancées.

Tout ça pour dire que l’excellent Boris Johnson, le maire très réac n’roll de Londres, vient encore d’en sortir une bien bonne au congrès du Parti Conservateur à Birmingham. Une fois de plus, c’est la nouvelle fiscalité socialiste qui l’a inspiré –on se souvient de son vibrant appel à l’émigration lancé aux victimes potentielles de l’impôt à 75% de François Hollande. Pour Boris, notre fisc est bien pire que feue la monarchie absolue de droit divin : « Depuis 1789 , a-t-il dit, il n’y a eu jamais une telle tyrannie en France », (“Not since 1789 has there been such tyranny in France”) avant de réitérer son appel aux riches à déserter le territoire fiscal français. Pour ce faire, il a utilisé les premiers mots d’une chanson célèbre, et en VF, de surcroit : «Allons enfants de la patrie ».

D’accord ou pas avec les orientations budgétaires de Jean-Marc Ayrault, avouez que ça a quand même plus d’allure que les diatribes en pilote automatique de Copé, Baroin et autres NKM sur le « matraquage fiscal socialiste ». C’est juré, si un jour, on a les mêmes en France, je vote UMP !

Mais un tel cas de figure étant hautement improbable, je me contenterai de supplier Boris d’écouter ses propres conseils et d’émigrer lui aussi pour venir se présenter en 2014 à la Mairie de Paris. Ça nous éviterait d’avoir à choisir entre l’hilarant François Fillon et la subtile Anne Hidalgo.

*Photo : BackBoris 2012.

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