Une manifestante anti-Trump s'oppose à un supporter du nouveau président américain à Roseville aux Etats-Unis. SIPA. AP22010622_000002

1. Assécher le marécage politique !

Donald Trump, auquel un de ses conseillers suggérait pendant sa campagne électorale d’affirmer qu’il allait « assécher le marécage politique à Washington », a éclaté de rire : jamais il n’avait entendu un slogan tellement naze. Mais, pour s’amuser, et sans doute par défaut d’inspiration, il l’a utilisé dans un discours prononcé le 8 décembre à Des Moines, dans l’Iowa. À sa grande surprise, la foule s’est enflammée. Alors, confie-t-il, « j’ai commencé à le dire, comme si je le pensais vraiment ». Et c’est ainsi que les refrains populistes de sa campagne antisystème l’ont conduit à la Maison-Blanche.

À un journaliste qui lui rappelait qu’il avait promis d’ouvrir une enquête sur les e-mails d’Hillary Clinton et de la faire arrêter, il a répondu : « Avant l’élection, ça sonnait bien, maintenant tout le monde s’en fiche. » Une belle leçon de cynisme !

Il n’en reste pas moins que les slogans politiques en disent long sur celui qui les adopte. Des spécialistes ont ainsi passé à la loupe les formules toutes faites des candidats français à l’Élysée. Ils arrivent à la conclusion que presque toutes sont molles, louches ou creuses. Quelques exemples :

1. Benoît Hamon : « Faire battre le cœur de la France. » Raté, commente Olivier Kennedy. De quoi parle-t-il : on est dans la romance ou dans le domaine médical ? Avec deux verbes à l’infinitif, le résultat est lourd et le message parfaitement creux.

2. Emmanuel Macron : « En Marche. » Encore raté. En marche pour aller où et comment ? Une pub pour le tourisme pédestre ou un fitness ? Mieux vaut oublier !

3. Manuel Valls : « Faire gagner tout ce qui nous rassemble. » Incompréhensible. Ce slogan a déclenché l’hilarité. Au point que Valls s’est rabattu sur un cliché à la portée de chacun : « Une République forte. Une France juste. »

4. Arnaud Montebourg : « Libérer les Français. » Une noble ambition. Mais les libérer de quoi ? « De son propre parti qui est au gouvernement depuis cinq ans ? » ironise Olivier Kennedy.

5. Jean-Luc Mélenchon : « L’avenir en commun. » On ne peut pas faire plus vieillot pour un personnage plutôt punchy !

6. Marine Le Pen parle « Au nom du peuple », ce qui lui sied, et François Fillon, non sans arrogance, s’accapare « Le courage de la vérité ».

Arrêtons ici ce jeu de massacre ! Mais, s’il fallait parier sur un candidat, je n’hésiterais pas : ce serait

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