Le visiteur arrivant dans le centre-ville de Béziers ne peut qu’être séduit par le cachet architectural. Il est même possible qu’il soit tenté de s’y installer. Avec leur standing haussmannien, les rangées de platanes en plus, les larges allées Paul-Riquet, du nom du bâtisseur du canal du Midi, sont à Béziers ce que les Ramblas sont à Barcelone. Les immeubles bourgeois y ont cet aspect un peu crémeux des décors d’opérette, façades légèrement décaties et charmantes qui rappellent l’âge d’or où l’on pouvait voir des excentriques promener des guépards et des notables sortir des bordels décrits dans un texte de Willy, le mari de Colette. Vision idyllique vite corrigée par celle des commerces désaffectés dont les vitrines empoussiérées jouxtent celles des marchands de kebabs et des magasins de vêtements affichant les mêmes enseignes que partout ailleurs. Le coeur de Béziers se meurt. Cette déchéance mal recouverte d’un vernis Potemkine nourrit depuis longtemps une grogne qui semble enfler à l’approche des municipales de mars.

C’est que la bataille électorale compte un invité surprise : Robert Ménard. Encouragé par son épouse, la journaliste catholique Emmanuelle Duverger, avec laquelle il forme un couple très soudé, soutenu par le Front national, dont il n’est pas membre, mais aussi par Debout la République, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, l’ancien dirigeant de Reporter sans frontières, ex-journaliste à i-Télé et cofondateur de Boulevard Voltaire, un site internet plutôt droitier, espère bien enlever la mairie à la droite

*Photo : Bernard Rivière. Béziers.

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