Certes, on n’a rien vu de comparable aux joyeuses fêtes vengeresses de Time Square ou de Ground Zero dans le monde arabo-musulman. Mais avant de s’en indigner, on notera aussi que ce dénouement heureux n’a pas donné lieu non plus à des scènes de liesse populaires en Europe…

De fait, ce qui est étonnant, et réjouissant, c’est que de Nouakchott à Bagdad en passant par Djeddah, on n’a dénombré quasiment aucune de ces manifestations anti-américaines dont la prétendue « rue arabe » avait , nous disait-on, le secret. Quelques vociférations de barbus à kalach ça et là au Pakistan, et puis c’est tout.

Même là où, comme à Gaza, on s’était bruyamment enthousiasmé après le carnage du 11 septembre, on n’est pas descendu dans les rues pour pleurer l’ « assassinat » de leur concepteur[1. En revanche, Ismaïl Haniyeh, le chef du gouvernement du mouvement palestinien Hamas à Gaza, a condamné hier le raid américain qui a tué le chef du réseau Al-Qaida Oussama Ben Laden]. Il faut dire que, par les temps qui courent, pour les régimes en place, laisser se développer des manifestations populaires, fussent-elles pro-Ben Laden, c’est prendre de gros risques. Les manifestations, on sait comment ça commence, et pas forcément comment ça finit.

Sans même parler du monde arabe, on se souviendra, par exemple, que la révolution roumaine s’est déclenchée à l’occasion d’un gigantesque rassemblement de soutien à Nicolae Ceausescu…

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