Le 1er janvier 2016, les droits d’édition de Mein Kampf, l’ouvrage autobiographique et programmatique d’Adolf Hitler, rédigé entre 1924 et 1926, tomberont dans le domaine public. Ce livre est en effet soumis à la loi commune, qui fixe à soixante-dix ans après le décès de l’auteur la période pendant laquelle ses ayants-droit et son éditeur gardent le monopole de la diffusion de l’ouvrage et la perception des bénéfices afférents.
Après l’effondrement du nazisme, en 1945, les Alliés n’interdirent pas la possession de ce livre, qui avait été diffusé à plus de 10 millions d’exemplaires, et distribué − aux frais de l’État − à tous les couples contractant mariage. Mais les autorités américaines d’occupation confièrent la gestion des droits du livre à l’État libre de Bavière (région où avait été imprimée et publiée la première édition), avec la consigne expresse de s’opposer à toute réédition ultérieure, en Allemagne et à l’étranger, de ce texte sulfureux. Les autorités bavaroises respectèrent scrupuleusement cette consigne, en lançant régulièrement des poursuites judiciaires contre les éditeurs pirates du texte à travers le monde. Cela n’a pas empêché, cependant, le succès d’éditions « non autorisées » dans divers pays, où l’inaction ou les lenteurs de la justice locale laissaient suffisamment de temps aux éditeurs pour écouler des milliers d’exemplaire de l’ouvrage. Au cours des deux dernières décennies, on a pu observer dans les pays arabo-musulmans un engouement notable pour Mein Kampf, où il figure dans les vitrines des libraires à côté du Protocole des sages de Sion et autres pamphlets antisémites anciens ou modernes.

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