En politique, une gauchiste peut en cacher un autre. C’est ce que la plupart des observateurs étrangers se disaient en s’offusquant de la présence de trois candidats d’extrême gauche aux élections présidentielles de 2002 et 2007. 2012 échappe à la règle dans la mesure où s’il a su faire main basse sur les voix de la gauche de la gauche, Mélenchon restera pour l’histoire le discret ministre à l’Enseignement professionnel du gouvernement le plus libéral de la Ve République puis la voiture-balai de Hollande en vue du second tour.

Cette année, les frères ennemis de Lutte Ouvrière et du Nouveau Parti Anticapitaliste (anciennement Ligue Communiste Révolutionnaire) se sont de nouveau distingués. Primo, par leur score, Philippe Poutou (1.15%) ayant amassé deux fois plus de suffrages que Nathalie Arthaud (0.56%). A l’heure de la tyrannie télévisuelle, la bonne bouille du premier – qui évoquait les séquestrations de patrons en rigolant – a probablement desservi la cote électorale de sa rivale – laquelle invectivait le grand capital un rictus de colère aux lèvres.

Secundo, après l’annonce des résultats du premier tour, Poutou a immédiatement appelé à voter « contre Sarkozy » tandis qu’Arthaud campait sur ses positions. « Ni Hollande ni Sarkozy » reste son credo, la candidate de LO déclarant même qu’elle voterait blanc pour ne pas se salir les mains avec un bulletin capitaliste. Douce surprise ? Loin du suivisme des Mélenchon et Poutou, Arthaud reproduit en fait les consignes de son mentor Arlette Laguiller qui, même en plein milieu de l’hystérie antifasciste de 2002, avait refusé de soutenir Jacques Chirac contre l’ogre Le Pen.

Comme quoi, le vieil adage machiste d’Hemingway donnerait presque raison à Osez le Féminisme : En avoir ou pas est peut-être le principal trait distinctif entre LO et le NPA.

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