Je ne vais pas passer ma vie à vous signaler chaque semaine le billet de Patrick Besson dans Le Point, mais il justifierait à lui tout seul qu’on souscrive un abonnement de soutien à l’excellent hebdo de FOG. Renseignement pris, il n’y a pas d’abonnement de soutien au Point. Souscrivez-en donc un à Causeur magazine, et lisez le Besson de la semaine contre menue rétribution à votre kiosquier, ou gratuitement sur lepoint.fr, ou chez le docteur. Mais lisez-le !

Le billet de cette semaine revient sur une des conséquences les plus épatantes de l’Affaire Millet (que l’abominable homme des Gobelins nous avait déjà contée en version caillera il y quinze jours). Cette fois, c’est de la courageuse pétition du Monde qu’il s’agit, celle contre « le pamphlet fasciste qui déshonore la littérature »[1. Dans un style très différent, et qu’on en approuve ou pas toutes les conclusions, on lira aussi toutes affaires cessantes le texte magnifique publié par Pierre Jourde sur son blog : « Pourquoi je n’aurais pas signé le texte d’Annie Ernaux ».]. On y parle bien sûr d’Annie Ernaux, affublée d’un adjectif assez méchant, mais probablement en dessous de la vérité, cette personne étant à proprement parler inqualifiable.

Au gré des attaques ad hominem, on y croise quelques signataires connus ou semi-connus comme Olivier Adam, Alain Mabanckou, Tahar Ben Jelloun, « un ancien ami d’Hassan II bien connu dans les prisons marocaines pour son esprit démocratique » ou encore Bertrand Leclair, autrefois fayot de première à L’Idiot International et même l’inénarrable Michèle Gazier, à qui, si ma mémoire est bonne, Patrick Besson avait envoyé du temps de sa splendeur (à elle , quand elle était chef des livres à Télérama) son dernier roman accompagné de cette dédicace : « Chèque suit » . En plus de tous ses vices avérés, Besson n’est qu’un sale menteur : il ne lui a jamais envoyé le chèque promis.

Mais le plus réjouissant n’est peut-être pas à chercher du côté de ces rhabillages en série. Au fil du texte, on apprend en effet que ce méchant garçon s’apprête à publier en janvier prochain, chez Fayard, un Précis incendiaire de littérature contemporaine. D’ici là, je risque de trouver le temps long. Heureusement que l’auteur est un gros travailleur (en vrai, je ne lui connais guère d’autre perversion) et que j’ai pour patienter son « Contre les calomniateurs de la Serbie » qui vient de paraître, chez Fayard again. On nous y parle d’un conflit armé du siècle dernier, qui comme l’affaire Millet, s’était terminé en guerre d’écrivains à Saint-Germain-des-Prés. En France, tout finit par des pétitions.

*Photo : Bekathwia

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