Avec Harold Hyman et Jeremy Stubbs.
La conclusion immédiate après ces élections à nulles autres pareilles, c’est que Benyamin Netanyahou a sauvé les meubles mais n’a pas agrandi la maison; tandis que l’opposition a prouvé qu’elle existe mais n’a pas réussi à déloger Bibi. Le système électoral est fondé sur un principe de proportionnalité absolue : on vote sur des listes de candidats, non selon des circonscriptions, ouvrant la porte à une fragmentation des partis qui rend extrêmement compliquée la constitution d’une majorité de gouvernement.
Netanyahou et son parti, le Likoud, ont perdu des sièges, descendant de 32 à 27. S’il reste au pouvoir, Bibi, dont la vision – inspirée par Vladimir Jabotinsky – est tout à fait laïque, aura encore plus besoin des partis radicaux avec lesquels il a gouverné jusqu’à présent. A savoir, les ultra-orthodoxes et les ultra-sionistes qui sont en faveur d’un Israël plus grand et plus juif sur les plans territorial et démographique. Par conséquent, il sera obligé de donner plus de gages à ses partenaires de coalition, en confortant encore plus les actions des colons en Cisjordanie, dont son ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, est très proche.
De son côté, le « challenger » Gadi Eizenkot rassemble sous sa houlette des anciens travaillistes, devenus Les Démocrates après leur fusion avec le Meretz ; les nationalistes de Naftali Bennett ; et la liste ultra-laïque, Israel Beytenou, d’Avigdor Liberman. On peut donc affirmer que les deux blocs, en plus d’être opposés l’un à l’autre, fédèrent à l’intérieur d’eux-mêmes des éléments difficilement compatibles.
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Les faiseurs de rois potentiels sont les deux listes des Arabes israéliens. Car la Liste commune de Yousef Jabareen et celle du parti Ra’am de Mansour Abbas, ont décroché ensemble 19 des 120 sièges du Knesset. La situation des Palestiniens n’a pas figuré parmi les grands enjeux de la campagne électorale, et la question vitale pour ces deux listes reste celle de la sécurité dans leurs villages livrés à une criminalité galopante. Les Arabes israéliens accusent le ministre de la Sécurité nationale, Ben-Gvir, de ne pas assurer l’ordre public chez eux.
La formation politique de Mansour Abbas avait des liens avec les Frères musulmans, mais Abbas a déclaré les avoir rompus en décembre 2025. Pourtant, au cours de la campagne électorale, Benyamin Netanyahou a tenté de faire disqualifier les listes arabes. Bien que cette tentative ait échoué, il sera très problématique pour Eizenkot de les accueillir au sein de sa coalition. Il peut essayer d’attirer chez lui des éléments actuellement dans le bloc de Netanyahou, mais il aura du mal à en séduire suffisamment pour constituer une majorité.
Un phénomène dont on parle peu, c’est l’importance politique de la cause homosexuelle. Cet été, les Gay Pride à Tel Aviv et à Jérusalem ont attiré des foules considérables. C’est une façon de faire un pied de nez aux ultras.
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Des élections très différentes auront lieu la semaine prochaine – mercredi pour être précis – aux Etats-Unis. La Chambre des Représentants doit être renouvelée tous les deux ans, coupant en deux le mandat du locataire de la Maison Blanche. Il y aura aussi des élections pour un tiers des sièges au Sénat, où les mandats sont de six ans, renouvelables selon un calendrier échelonné. Les Démocrates vont certainement prendre le contrôle de la Chambre, sans que l’on sache si leur majorité sera grande ou faible. Donald Trump tentera quand même d’affirmer son pouvoir en ayant recours aux décrets et aux vétos. Tout projet de loi qui n’est pas voté avec au moins deux tiers des voix à la Chambre, peut être torpillé par le président.
Donald Trump a toujours voulu tester les limites de la Constitution, malgré le fait que tout président commence son mandat en jurant fidélité, non au peuple américain, mais à la Constitution.
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