Accueil Culture Ils n’ont pas honte de se dire romantiques

Ils n’ont pas honte de se dire romantiques

Les Dessous chics


Ils n’ont pas honte de se dire romantiques
Maxime Aliamus, Sylvie Payet et Nicolas Auvray, Bar de la Comédie de Picardie, octobre 2026 © Photo Philippe Lacoche

Chaque semaine, Philippe Lacoche nous donne des nouvelles de Picardie…


La Sauvageonne et moi étions aux anges, il y a peu, au bar de la Comédie de Picardie, à Amiens, à l’occasion de la lecture donnée par l’écrivain Sylvie Payet ; elle était accompagnée par le remarquable pianiste Maxime Aliamus. Aux anges, oui, car, peut-être qu’au fond, nous sommes, tous deux, terriblement romantiques. Les textes de Sylvie, en tout cas, eux l’étaient, romantiques. Des textes et de courtes nouvelles dans lesquels on retrouvait, parfois, des accents de Nerval ou de Verlaine. Décidément, Nicolas Auvray, le subtil et généreux directeur du lieu, est bien inspiré d’ouvrir le bar de son théâtre là à des concerts, là à des lectures. On y découvre souvent de véritables perles. Ce fut le cas ce soir-là. Les textes, doux et subtils de Sylvie, étaient sertis des mélodies improvisées de Maxime.

« Les textes et poèmes que j’ai lus ce soir sont des inédits », expliqua l’écrivain à l’issue de la lecture. « Ils seront réunis dans un recueil de nouvelles qui sera publié en janvier à L’Harmattan, éditeur dont je suis très satisfaite. Maxime et moi, nous nous sommes rencontrés à La Briqueterie il y a huit mois environ. » Maxime confirme : « C’était en janvier ; j’avais une carte blanche avec Séverine Houpin pour un spectacle qui mêlait théâtre d’objets, théâtre d’ombres et marionnettes. Je faisais la partie musicale. C’était très expérimental ; Sylvie était présente. À la fin du spectacle, elle est venue me voir. C’était la première fois qu’on discutait ; on a décidé de travailler ensemble. » Maxime Aliamus, Amiénois et autodidacte, a commencé à apprendre le piano sur l’instrument d’étude de sa mère. Il avait 12 ans. Soudain, une note résonne mieux que les autres. C’est le déclic : « Je me suis dit que ça allait me sauver la vie », se souvient-il. « Sylvie et moi, on ne parle que d’amour. Ce n’est pas un gros mot. » Un sentiment que confirme Sylvie Payet : « C’est la rencontre de deux sensibilités. Nous nous sommes compris tout de suite, Maxime et moi. Nous n’avons pas eu besoin de répéter beaucoup. Ça se fait simplement ; on s’écoute. Ça se passe à travers les textes et la musique. Chacun laisse la place à l’autre ; c’est vraiment une communion. Et nous n’avons pas honte de dire que nous sommes romantiques. »

Dans les improvisations de Maxime Aliamus, on découvre, de-ci, de-là, des clins d’oeil à la musique classique et romantique. Il n’y a pas que ça : « Le premier morceau que j’ai commencé à jouer, c’est la ‘’Première Gymnopédie’’ », d’Erik Satie », confie-t-il. « La mélodie est présente dans toutes les improvisations que j’ai données au piano. » Rien d’étonnant en cela, cette mélodie écrite par le célèbre compositeur buveur d’absinthe est si… romantique.



Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !

Article précédent Heureux l’homme qui a vécu parmi les chiens!
Il a publié une vingtaine de livres dont "Des Petits bals sans importance, HLM (Prix Populiste 2000) et Tendre Rock chez Mille et Une Nuits. Ses deux derniers livres sont : Au Fil de Creil (Castor astral) et Les matins translucides (Ecriture). Journaliste au Courrier Picard et critique à Service littéraire, il vit et écrit à Amiens, en Picardie. En 2018, il est récompensé du prix des Hussards pour "Le Chemin des fugues".

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Pour laisser un commentaire sur un article, nous vous invitons à créer un compte Disqus ci-dessous (bouton S'identifier) ou à vous connecter avec votre compte existant.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération