Accueil Édition Abonné Ils rêvent de fermer CNews au nom de l’ «urgence climatique»

Ils rêvent de fermer CNews au nom de l’ «urgence climatique»

La chaîne info ne parle pas de la canicule comme il faut? Pas de liberté pour les ennemis de l’écologie rédemptrice!


Ils rêvent de fermer CNews au nom de l’ «urgence climatique»
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Quand elle ne relève pas les températures, l’association « citoyenne » QuotaClimat relève les propos hasardeux tenus ici et là dans la presse sur le climat. Mais, quand on regarde d’un peu plus près le détail des déclarations, elle classe en fait « climatosceptiques » des commentaires qui ne le sont pas vraiment.


Il en va de l’avenir de l’humanité ! En effet, la chaîne d’informations en continu du canal 14 ne ferait que propager des fake news et il serait grand temps de mettre fin à cette situation insoutenable, comme le souligne Reporterre dans une publication du 17 juillet1.

Au moment où la planète est menacée par une sixième extinction de masse dont Homo sapiens finira par être l’ultime victime, il est totalement irresponsable de propager des propos climatosceptiques. Notre espèce est en effet menacée de disparition ; ergo, tout propos climatosceptique s’apparente à un crime contre l’humanité.

Mésinformation et désinformation, ne confondez plus

Tel est en tout cas l’avis clairement affiché par Reporterre, un repaire de visionnaires à la pointe de la lutte pour l’écologie, donc obligatoirement contre le capitalisme (ainsi que pour la Palestine, pour les droits des minorités et pour l’écriture inclusive).

« Lors de la vague de chaleur de fin mai, les cas de mésinformation climatique ont été quasi cinq fois plus nombreux que d’habitude dans les médias audiovisuels français, selon l’Observatoire des médias sur l’écologie QuotaClimat. Sur CNews et Europe 1, la désinformation ne vient pas seulement des invités politiques : elle émane des journalistes et chroniqueurs de la rédaction elle-même dans respectivement 52 % et 45,5 % des cas. Cela révèle un problème structurel au sein de ces rédactions », estime ainsi Eva Morel, secrétaire générale de QuotaClimat.

A lire aussi, Didier Desrimais: Médias: les climatosceptiques lâchent du terrain

On notera, au passage, dans le relevé de l’association (voir ci-dessous), combien les chaînes du service public, bien à rebours, sont exemplaires dans l’information qu’elles délivrent puisqu’il y a zéro cas de « mésinformation ». C’est là que le danger du pluralisme de l’information saute aux yeux.

Il convient de souligner, de surcroît, que la mésinformation est un signe de grave incompétence journalistique, pire que la désinformation. Si cette dernière est volontaire, la mésinformation2 révèle l’ignorance crasse des journalistes. Certains étant d’anciens commentateurs de football, il ne faut guère s’en étonner.

Revenons donc à la lumineuse publication de l’Observatoire des médias. Sur les 62 cas de mésinformation, 17 seulement sont cités comme les plus emblématiques. Examinons-en quelques-uns :

  • Raphaël Stainville, journaliste au JDD sur CNews (le 27/05 à 13 h 14), a déclaré à propos de la canicule : « Il ne faudrait pas tirer de conclusions climatiques de simples phénomènes météorologiques ponctuels. » Pourtant, c’est le GIEC qui s’acharne à nous expliquer qu’il ne faut pas confondre météo et climat : ainsi, un hiver froid ne vient pas contredire le principe du réchauffement climatique. François-Marie Bréon, climatologue et directeur adjoint du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, interrogé sur l’épisode de froid intense aux États-Unis, avait déclaré3 : « Il y a une vague de froid en ce moment aux États-Unis, comme c’est déjà arrivé dans le passé. Pas tous les ans, certes, mais c’est déjà arrivé. On peut se rappeler de l’épisode qu’a connu la France en 2012. La météorologie est chaotique, donc il y a certaines années où l’on observe des descentes d’air polaire. » Quasiment mot pour mot les propos de Raphaël Stainville. Mais lui, il n’a pas le droit.
  • Sur Europe 1, le 26 mai, une auditrice a osé rapprocher l’épisode de la canicule de 1976 pour « minimiser sa gravité ». Qu’une septuagénaire (au moins) ose se souvenir d’un été chaud frise le révisionnisme.
  • Sur CNews et Europe 1, le candidat libéral à la présidentielle David Lisnard oppose isolation et climatisation, jugeant l’isolation « beaucoup moins importante ». Ce maire a géré des canicules réelles plutôt que des modèles mathématiques. Ceci ne lui confère donc aucune légitimité pour s’exprimer.
  • Le 26 mai, sur CNews encore, Sébastien Chenu a affirmé sans broncher « qu’il n’existe pas de démonstration d’une baisse de la pollution en centre-ville liée aux ZFE ». Il a tort puisque les mesures effectuées montrent que la pollution baisse. Et tant pis si elle se reporte sur les zones adjacentes, permettant aux automobilistes de contourner les zones interdites, faisant ainsi davantage de kilomètres… Telle est en effet la conclusion d’une étude très officielle de simulation de trafic à grande échelle en Île-de-France4. Et alors ? Un détail, voire une nuance. C’est hors sujet !
  • Le 29 mai à 7 h 34, Eugénie Bastié et Pascal Praud ont assimilé « l’impuissance climatique de la France à l’impuissance face au Covid ». Quel toupet ! La France à elle seule ne peut-elle pas endiguer le réchauffement climatique ?
  • Le 29 mai à 17 h 24, Philippe de Villiers a osé proférer : « Les énergies intermittentes coûtent cher et ne marchent pas. » Une outrecuidance digne du ci-devant Villiers puisque tout le monde sait que les énergies intermittentes, par définition, marchent tout le temps et que le coût du kWh produit est dérisoire par rapport au nucléaire.

Médias Bolloré : au bûcher !

Ah ! Qu’il est réconfortant de savoir que cette police de la pensée écolo veille 24 heures sur 24 sur toutes les ondes afin de débusquer ces « mésinformations » véhiculées par ces chaînes dont les rédactions ont de toute évidence « des problèmes structurels ».

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Et qu’il est tout aussi réconfortant de savoir que ce travail de fourmi permet d’alimenter le bûcher qui finira par consumer CNews et Europe 1. Enfin, le réconfort ultime est de savoir qu’il existe dans ce pays un service public de qualité puisqu’aucune de ses chaînes n’a été épinglée par cette même police de la pensée. Le bon modèle s’impose enfin : une information d’État avec l’interdiction de chaînes privées aux mains de milliardaires « carbofascistes »5 dont le seul but est d’induire le bon peuple en erreur. Évidemment, d’aucuns diront que la liberté d’information est menacée. Mais n’est-ce pas le prix à payer ? Il semble en effet que démocratie et écologie sont incompatibles. C’est ce qu’en pensent l’écologiste finlandais Pentti Linkola et le père de l’hypothèse Gaïa, James Lovelock, qui ont affirmé respectivement que « n’importe quelle dictature vaudrait mieux que la démocratie moderne » et que, le réchauffement climatique étant au moins aussi grave qu’une guerre, « il faut mettre la démocratie entre parenthèses, pour un temps ».

Franceinfo, l’antenne du service public, a été exemplaire en rabâchant avec une constance digne d’éloges, à longueur d’éditoriaux, l’intensité de la canicule, l’ampleur de ses ravages et la nécessité de poursuivre à marche forcée vers la décarbonation de l’économie, véritable panacée contre le fléau qui menace de nous anéantir. Franceinfo, dont le slogan est, fort à propos: «Pas juste l’info, l’info juste».


  1. https://reporterre.net/Canicule-une-explosion-de-desinformation-climatique-sur-CNews-Sud-Radio-et-Europe-1 ↩︎
  2. La désinformation est une information fausse que la personne qui la diffuse sait être fausse ; la mésinformation est une information fausse que la personne diffusant croit vraie. Distinction reprise du rapport de la Commission Bronner, Les Lumières à l’ère numérique (janvier 2022), remis au président Macron. ↩︎
  3. Déclaration à L’Info Durable le 27 janvier 2021 ↩︎
  4. CEPREMAP, Javaudin & de Palma, 2026 étude qui conclut à une réduction nette moyenne d’environ 5 % des émissions de CO₂, tout en confirmant, dans le même temps, que certaines communes situées le long des contours de la zone sont « perdantes ». ↩︎
  5. Le terme peut paraître excessif. C’est cependant celui utilisé par les militants écologistes puisque Greenpeace dans «   Les quatre tendances clef du carbofascisme  » donne la définition suivante. :  Climatoscepticisme ou inaction climatique assumée : les carbofascistes freinent les politiques destinées à lutter contre le changement climatique, relativisent la responsabilité humaine dans le changement climatique en cours, voire la nient de façon ostentatoire ↩︎



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