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On a bien ri: merci Corbie!

Les Dessous chics


On a bien ri: merci Corbie!
Photo : P. Lacoche

Chaque semaine, Philippe Lacoche nous donne des nouvelles de Picardie


Comédienne, la Sauvageonne adore le théâtre. Et moi, j’adore Corbie, ville de 6000 habitants qui se trouve à une quinzaine de kilomètres à l’est d’Amiens. Dès qu’elle a su que le comédien et metteur en scène Guillaume Paulette présentait, à la Buanderie, une restitution des ateliers théâtre qu’il anime dans la cité – déjà – citée (c’est joli, cité citée, ne trouvez-vous pas, lectrices et lecteurs adulés ?), mon ébouriffée blonde, pulpeuse et si craquante, m’a entrepris tout de go : « Et si on y allait, vieux Yak ? Qu’en penses-tu ? Allez, fais-moi plaisir ! » Comme elle m’en procure des tonnes, j’aime aussi lui faire plaisir. Pourtant, Dieu et Marx savent que je suis un sacré casanier. Lorsque je me rends à Viry-Noureuil, à Mareuil-Caubert ou dans le Vaugandy (pays imaginaire qui ressemble fort à la Thiérache que je cite dans mes inoubliables romans Le chemin des fugues et Mise au vert, parus aux éditions du Rocher), je me sens dans la peau d’Henry de Monfreid. J’ai pris sur moi, ai ordonné à Firmin, notre valet, d’harnacher Yvonne, notre fidèle jument, et de préparer notre fiacre, puis ai annoncé la bonne nouvelle à ma petite princesse : « C’est comme si c’était fait, ma chérie ! Remplis tes malles de tes effets affriolants ! Direction Corbie ! » (Au loin, nous entendions le hennissement mélodieux d’Yvonne qui, adolescente, chantait dans une chorale d’équidés.) Sur place, nous filâmes papoter avec Guillaume qui nous raconta sa vie. Né à Camon (4359 habitants), il habite aujourd’hui Amiens. « J’ai commencé le théâtre amateur très tard, à l’âge de 30 ans », explique-t-il. « Avant j’étais analyste en informatique. Mon dernier vrai travail, c’était pour la Direction régionale de l’environnement. Je m’occupais des statistiques et de leur site internet. Puis, le théâtre est devenu une passion. J’ai eu la chance de jouer avec de jeunes professionnels. A 39 ans, comme ça marchait pas mal, je me suis décidé à faire une formation professionnelle à l’école Lecoq, à Paris, de 2006 à 2008. J’étais parti pour un an ; finalement, je suis resté deux ans. Ensuite, j’ai été embauché par des compagnies professionnelles locales et/ou régionales : le Théâtre du Lin, des compagnies de l’Oise, Théâtre de l’Orage, compagnie du Chahut, Michel Fontaine, Le Passe-Muraille, à Abbeville, etc. Je fais aussi du théâtre en anglais, à Courbevoie. Je joue le Français car j’ai un accent que les Français ne perçoivent pas mais les Anglais, eux, le perçoivent tout de suite. Je ne suis pas bilingue mais j’ai un bon niveau en anglais. En picard aussi. (Rires.) » Puis, il fila vers la scène car la restitution des ateliers commençait ; il avait baptisé cette dernière « Le théâtre fait son cinéma ». Vingt scènes de films célèbres, parmi lesquels Le Dîner de cons, César et Rosalie, Buffet froid, Les bronzés font du ski, La Boum, Marius, etc., étaient proposées. « Douze comédiens étaient inscrits à cet atelier », poursuivit Guillaume. « Seuls deux comédiens étaient débutants ; les dix autres avaient sept ans d’expérience avec moi. Certains avaient déjà joué dans des compagnies amateures du secteur d’Amiens. » La Sauvageonne et moi avons bien ri. Yvonne aussi. Merci, Corbie !

Guillaume Paulette et deux comédiennes

Le chemin des fugues

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Mise au vert

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Il a publié une vingtaine de livres dont "Des Petits bals sans importance, HLM (Prix Populiste 2000) et Tendre Rock chez Mille et Une Nuits. Ses deux derniers livres sont : Au Fil de Creil (Castor astral) et Les matins translucides (Ecriture). Journaliste au Courrier Picard et critique à Service littéraire, il vit et écrit à Amiens, en Picardie. En 2018, il est récompensé du prix des Hussards pour "Le Chemin des fugues".

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