Accueil Édition Abonné Avril 2026 Cette gauche qui aime le mollah. Et le Juif mort

Cette gauche qui aime le mollah. Et le Juif mort

Gilles-William Goldnadel peste contre le deux poids deux mesures du service public


Cette gauche qui aime le mollah. Et le Juif mort
La chronique de Merwane Benlazar sur France Inter / D.R.

Dans sa couverture du Proche-Orient comme dans son traitement de l’actualité française, France Inter pratique en permanence un double standard moral.


Le 18 mars à dix-huit heures moins cinq sur l’Inter. Un humoriste à sens inique, sur fond de rires forcés, charrie Américains et Israéliens. Mais point de vanne pour se moquer des Iraniens.

À dix-huit heures, la radio de sévices publics insiste sur les morts au Liban. On en a dénombré 12 ce jour-là. On pleure parmi eux un membre du Hezbollah. En Afghanistan au même moment, 400 morts civiles ont été causées par le Pakistan : l’information n’a droit qu’à une phrase laconique, sans autre forme de commentaire. 400 Afghans ne comptent pour rien, ou presque. Pauvres gens. Si seulement ils avaient été tués par des Israéliens…

Masochisme anti-occidental

Sur France Inter, les propos de Donald Trump, toujours échevelés, souvent contradictoires, sont sans cesse raillés. Le discours des mollahs, lui, non moins triomphal, mais beaucoup plus halluciné, n’est jamais fustigé.

Israël vise systématiquement des cibles militaires iraniennes. La République islamique vise systématiquement des cibles civiles. Nul n’en fait la remarque. C’est normal. Masochisme anti-occidental.

Cette gauche aime le mollah. Elle aime bien aussi le Juif mort.

Mollachon, c’est entendu, est antisémite. En principe, l’antisémite n’aime guère le Juif. Mais Mollachon n’aime pas beaucoup non plus les Blancs. Bien qu’il soit blanc lui-même et pas très beau, il trouve le Blanc moche.

Je vous répète sa sortie de Lille, très applaudie le 18 mars : « Il a bien fallu un jour qu’un ou une se mette debout sur ses pattes, à l’autre bout du continent africain, pour qu’à la fin, ici, vous soyez en train de faire les malins, tout blancs, tout moches que vous êtes. »

Les propos antisémites et antiblanc se dissolvent dans l’éther

Depuis vingt ans et mes Réflexions sur la question blanche (Jean-Claude Gawsevitch), j’explique que la détestation nourrie par l’Occidental gauchiste masochiste pour le Juif qui se défend est insécable de celle pour le Blanc détestable. Le Juif haï en uniforme kaki trahit le souvenir du Juif adoré en pyjama rayé.

Et pourtant. Pourtant, les propos antisémites et antiblancs du chef du Parti antisémite se dissolvent dans l’éther. Mon imagination est impuissante à décrire quelle serait la réaction médiatique si, par hypothèse absurde, un chef de la droite trouvait noire et moche la population de la « Nouvelle France ». France Inter serait la première à s’indigner, à tempêter, à condamner. Mais ici rien. L’odieux visuel fait relâche.

Le discours antisémite, antisioniste, antiblanc n’est plus arrêté par un quelconque dôme de fer moral. Si l’on découvrait que Mollachon était pédophile, dealer et obersturmführer pendant la guerre, France Inter ne le critiquerait pas pour autant.

Avril 2026 – #144

Article extrait du Magazine Causeur




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