Notre chroniqueur publie ce jour son nouvel essai. Extrait.

Ce mercredi sort mon essai : La Révolution des oubliés chez Fayard. Je publie, ci-dessous, des extraits de l’introduction. Ces derniers jours, Jean-Luc Mélenchon a, de lui-même, clarifié les enjeux existentiels abordés dans le livre, en promouvant « le grand remplacement » de la France française par une France africaine. Lundi, dans le Figaro, le philosophe américain Peter Boghossian a déclaré : « Beaucoup d’Américains pensent que la France aura disparu d’ici la fin du siècle ».
Si les Français oubliés ne veulent pas se dissoudre dans le mondialisme, il est urgent pour eux de se révolter et de reprendre les choses en main.
Le quatrième pouvoir très disputé
Oui ! La France peut se redresser. Rien n’est foutu. Le déclin étourdissant du pays, éreinté par les effets d’une mondialisation impensée qui a ajouté la déculturation à la désindustrialisation, n’est pas une fatalité. L’empoisonnement idéologique de la nation, à la source de sa suicidaire dépression, a ses remèdes, immédiatement disponibles. Il existe en effet des sources revigorantes. Elles sont au cœur du peuple silencieux, méprisé par des dirigeants frivoles. Il suffit de creuser les puits pour atteindre cette eau régénérative. La vitalité de la société civile déborde sur les réseaux sociaux, pour le meilleur comme pour le pire. Le numérique, accessible à 94% des foyers, est devenu l’indispensable contre-pouvoir. La liberté d’expression défie, sur Internet, l’Etat censeur. Les colères qui s’y expriment dévoilent la déconnexion des mondes politique, syndical, intellectuel, judiciaire, médiatique. Des mines d’or d’intelligences collectives sont également inexploitées. Elles ne demandent qu’à être mises en valeur dans leurs expressions civiques, qui dépassent les clivages partisans. La survie de la nation est là, à portée de main.
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Il n’y a pas d’autre choix, face aux déraisons d’Etat et au somnambulisme des puissants, que d’appeler au secours les Français lucides. Selon la dernière enquête (Ipsos) sur les « Fractures françaises »[1], les citoyens ne seraient plus que 10% à faire confiance aux partis, et 20% aux députés. (…) Aux trois pouvoirs définis depuis Montesquieu – exécutif, législatif, judiciaire – le quatrième pouvoir doit revenir au peuple oublié, en lieu et place des médias à qui ce rôle avait été attribué. Ces derniers se sont abîmés dans l’entre-soi, à l’instar des trois autres piliers de ce que fut la pensée libérale. La fragilité du système, vidé de son socle démocratique et de ses garde-fous, incite aux coups de force des uns, aux abus de droit des autres. Or nombreux sont les indignés qui sont prêts à se mobiliser pour défendre leur pays, malmené par des idées folles (…).
Anywhere contre somewhere, les deux clans
Une révolution des esprits, non violente mais radicale, est à mener à son terme. Elle est portée, aux Etats-Unis comme en Europe, par l’insurrection des peuples enracinés contre des élites déracinées. Ces dernières ont perdu la partie. Les désastres qui s’accumulent le démontrent assez.
Une conviction motive cet essai : s’il reste encore possible d’interrompre la catastrophe, la réponse ne peut venir de ceux qui ont accompagné la débandade. (…) La rupture avec ceux qui marchent sur la tête est le préalable. Ces « élites » sont la vraie menace (…).
« Un vrai chef » est réclamé par les Français. Mais le profil churchillien n’existe plus. Le sauveur sera celui qui en appellera au peuple providentiel. L’homme d’Etat doit laisser place à l’homme du tiers-état. L’expert doit écouter le profane. Le modeste doit être préféré au hâbleur. Ceux qui redoutent de renverser la table sont condamnés à l’apathie devant la métamorphose du pays et sa pente totalitaire. La Révolution de 1789 a été menée par une minorité ; les Jacobins n’étaient pas 6000. « Donnez-moi 1000 hommes », avait dit Lénine parlant de la révolution russe. Cette fois, la révolution du réel, antidogmatique par essence, peut faire masse en prenant le parti de la France millénaire. Encore démographiquement majoritaire, son peuple est appelé à ouvrir la marche, dans une cohabitation à inventer avec le pouvoir. Les Français sont l’ultime recours.
125 pages, 10 euros
[1] Le Monde, 20 octobre 2025




