Des séances de cinéma gay prévues le mardi 13 janvier et le mardi 27 janvier ont été annulées. A la Cité Audacieuse, il semble qu’on veut mettre des batons dans les roues à quiconque aurait par ailleurs un avis divergent sur la théorie du genre…
Chère Anne-Cécile Mailfert,
Des militants gays et lesbiennes avaient obtenu la possibilité d’organiser un ciné-club convivial, avec des films gays et lesbiens à la Cité audacieuse, un lieu parisien financé par le public pour le public.
Le premier film surprise prévu était « The Incredible Adventures of Two Girls in Love » (ou « L’incroyable aventure de deux filles amoureuses »), un film grand public des années 90, qui ne coûtait pas grand-chose en termes de droits d’auteur. L’objectif du ciné-club est de projeter des films grand public gays et lesbiens, souvent hollywoodiens (qui coûtent moins cher que des films d’auteurs en termes de copyright, etc.) et de faire financer ces projections par des cagnottes ou des dons.
Au dernier moment, une des responsables de cet endroit a décidé de sa propre initiative, d’annuler l’événement parce que l’un des militants gays était connu comme étant critique de la transition de genre des mineurs et allié gay des féministes critiques du genre. Ce militant ne cache pas ses opinions, y compris sur ses réseaux sociaux.
Mais l’événement ne parlait pas de cela. Ce n’était pas le sujet du ciné-club : le sujet était de voir des films funs, conviviaux, sur le désir homosexuel, sur des gens de même sexe qui s’aiment.
Nous n’avons même pas été autorisés à accueillir des gens qui viendraient sans savoir que l’événement était annulé et certaines personnes sont venues et ont trouvé porte close.
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Ceci révèle comment les féministes, les gays, et les lesbiennes, sont sommés d’embrasser tout ce qui est « identité de genre », ce qui renvoie certains d’entre nous à une sorte de rééducation homophobe, voire une thérapie de conversion, sous peine de mort sociale.
Nous, gays et lesbiennes, ne sommes plus des citoyens qui ont le droit de partager des espaces où parler de ce que nous vivons. Nous sommes littéralement effacés par l’identité de genre car tout désaccord vaut bannissement des espaces LGBTQIAP+ (dans la vie réelle et virtuelle) et interdiction d’en créer d’autres. C’est encore plus problématique pour les lesbiennes que pour les gays. En effet, la plupart des soirées lesbiennes sont dites “FLINTA”. “FLINTA” est un acronyme signifiant « Femmes, Lesbiennes, Intersexes, Non-binaires, Trans, et Autres ». Or, les personnes intersexes n’ont aucun rapport avec la transidentité et sont juste instrumentalisées.
Quant au T pour « Trans », rappelons qu’il n’y a ni condition, ni démarche médicale, ni condition vestimentaire pour définir ce “T”. La seule condition pour être une “femme trans” est d’être né « assigné homme à la naissance » pour reprendre leur terminologie. Cela est d’autant plus problématique que les féministes adoptant le dogme de l’identité de genre défendaient autrefois les droits de femmes fondés sur le sexe. Ce que nous revendiquons.
La salariée qui a décidé d’annuler l’événement a bien dit par téléphone qu’elle ne voulait pas se retrouver dans des débats clivants, alors même que nous étions prêts à ne pas évoquer la question dite du « genre ».
Rappelons que la Cité audacieuse est financée par des dons et des subventions publiques. Imagine-t-on cette attitude sur des sujets comme le combat des Iraniennes ou des Afghanes ? Les donateurs, et surtout donatrices privées, devraient être informés de l’utilisation de leurs dons. Vos donateurs et donatrices s’opposeraient-elles à la projection d’un film qui raconte l’histoire de deux jeunes filles amoureuses ?
Nous pensons que la pluralité des lieux comme la Cité audacieuse devrait être une règle d’or. Si rien n’est fait, nous ne serons pas les derniers, et ces attaques au débat démocratique finiront forcément par être instrumentalisées par des forces obscurantistes.

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