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Charline et le mystère du cordon sanitaire disparu

La chronique médias de Didier Desrimais


Charline et le mystère du cordon sanitaire disparu
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Charline Vanhoenacker, c’est la gauche « culturelle » la plus arrogante et la plus bête du monde ! Si la plupart de ses petits camarades d’autrefois ont rejoint la très islamo-gauchiste Radio Nova à la rentrée, la présentatrice des « René du cinéma » belges continue de proposer chez nous ses chroniques lourdingues et ses chansons stupides sur France inter.


Elle est progressiste, écolo, de gauche. Elle officie sur une radio publique qui, ça tombe bien, est progressiste, écolo, de gauche. Belge, elle est rémunérée avec l’argent de tous les contribuables français, y compris ceux qu’elle invective régulièrement. Le 15 décembre dernier, le museau plus fouineur et l’humeur plus vipérine que jamais, Charline Vanhoenacker était interviouwée par un dénommé Loup Espargilière pour le média Vert1. D’habitude, l’humoriste subventionnée essaie d’être drôle et n’y parvient pas. Ce jour-là, ses propos étaient supposés être sérieux mais suintaient la pure bêtise et furent souvent risibles.

Humour engagé

La « queen de la satire politique » – c’est ainsi que Mme Vanhoenacker est présentée sur le site du média écolo – n’était en effet pas là pour rigoler mais pour « conscientiser » l’auditoire et conduire les masses sur les chemins de la résistance. De la résistance à quoi ? De la résistance à qui ? À « l’extrême droite », bien sûr ! Car, c’est bien connu, « on a une extrême droite qui est dominante dans le débat public, dominante culturellement, qui écrase tout avec des armes pas toujours légales en fait, la mauvaise foi, les fakes news, c’est une espèce de rouleau compresseur ». Sur France Inter, ça résiste tant que ça peut mais ce n’est pas simple : « On a une obligation de pluralisme », gémit-elle. Elle regrette par conséquent que la radio publique soit dans l’obligation de recevoir de temps à autre un fils de Satan ou une fille de Méphistophélès, bref, un représentant du RN ou de Reconquête. Mais Mme Vanhoenacker a tenu à rassurer l’auditoire gauchiste qui retenait sa respiration à chaque évocation du Diable chevauchant la « vague réactionnaire » : Radio France tient bon et la majorité de ses employés restent de fervents défenseurs « de l’écologie, des valeurs progressistes, de la liberté d’expression ». Ouf !

En ce qui concerne l’écologie, Charline Vanhoenacker est bien aise, sur le plateau du média Vert, de rappeler que France Inter est au taquet : dès le journal de 8 heures, assure-t-elle, des sujets sur l’environnement sont évoqués. Dans la journée, des journalistes et de nombreux invités militant pour une écologie radicale se relaient au micro pour prêcher la bonne parole du GIEC et sermonner les Français. Elle-même a reçu des sommités écologistes qui, oublie-t-elle de dire, tiennent tous le même discours catastrophique, accusateur et anxiogène, conforme à la charte interne de Radio France stipulant que cette dernière sort« du champ du débat la crise climatique, son existence comme son origine humaine ». Pour les libertés d’opinion et d’expression, on repassera.

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L’humoriste a une conception toute particulière de la liberté d’expression qu’elle dit pourtant défendre « bec et ongles ». Elle raconte, par exemple, qu’une chose l’a « profondément choquée » lorsqu’elle est arrivée en France : le fait de « donner la parole en direct, en toute décontraction, à Marine Le Pen ». Elle ne trouvait ça « ni normal, ni démocratique ». En Belgique, explique-t-elle, les médias francophones pratiquent ce qu’ils appellent le « cordon sanitaire médiatique » : les interventions des représentants politiques classés à l’extrême droite sont systématiquement diffusées en différé afin de vérifier qu’elles « n’appellent pas à la haine » et de rectifier le tir le cas échéant. Ainsi, dit-elle benoîtement, ces politiciens ne sont pas à proprement parler censurés mais leurs propos sont « contextualisés » par des journalistes tout ce qu’il y a de plus consciencieux, c’est-à-dire tout ce qu’il y a de plus à gauche. « La RTBF applique ça et s’y tient strictement », témoigne celle qui espère qu’un jour l’audiovisuel public français adoptera ce « cordon sanitaire » afin que France Inter puisse continuer « à parler à tout le monde » – Mme Vanhoenacker ne semble pas avoir conscience de l’étrange paradoxe que recèle cette élucubration.

Sketchs lourdingues et chansons débiles

Malheureux Belges. En plus de l’islamisation en phase finale de leur pays, ils doivent endurer, eux aussi, les leçons de morale du petit monde culturel, comme le prouve un évènement récent, relaté par Gregory Vanden Bruel dans ces colonnes, mais qui mérite qu’on y revienne. En février 2025, la maîtresse de cérémonie des Magritte du cinéma, l’équivalent belge de nos César, était… Charline Vanhoenacker, qui se surpassa dans le genre gaucho-woke. De sketchs lourdingues en chansons débiles, sans oublier un happening politico-bobo tout ce qu’il y avait de bien-pensant, tout y passa : les interminables diatribes contre Donald Trump et « la montée de l’extrême droite dans le monde », les geignarderies néo-féministes, les pleurnicheries contre « la politique migratoire inhumaine » du gouvernement belge, les appels larmoyants à « déconstruire les imaginaires coloniaux, racistes, misogynes, islamophobes, homophobes et transphobes », etc. – tant et si bien que Charly Herscovici, le président de la Fondation Magritte et détenteur des droits intellectuels de l’œuvre du peintre surréaliste, déclara quelque temps plus tard que le nom de Magritte ne pouvait plus être attaché à cette cérémonie du cinéma parlant de moins en moins de cinéma et transformée en tribunes politiques et militantes. Décidée à se payer la tête de Charly Herscovici, de Magritte et d’un public réfractaire à l’idéologie progressiste, la direction woke de l’académie André Delvaux, organisatrice de cette cérémonie, vient d’annoncer qu’elle rebaptisait celle-ci… les René du cinéma. René comme… René Magritte. Dans La Libre Belgique, le président de la fondation Magritte a dénoncé « une fourberie inimaginable ». Il n’était pas au bout de ses mauvaises surprises. « Avec René, on est dans le tutoiement, dans la proximité », a sournoisement déclaré Jean-Yves Roubin, le nouveau président de l’académie André Delvaux, avant de faire savoir avec, on l’imagine, un sourire en coin, que la maîtresse de la prochaine cérémonie qui se déroulera le 7 mars sera… Charline Vanhoenacker, derechef.

Mais finissons sur une perspective réjouissante, qui sera aussi la preuve d’une fin de règne. En 2019, la cérémonie des Magritte du cinéma, diffusée exclusivement par la Radio-télévision belge francophone (RTBF), attirait encore 169 360 téléspectateurs. En 2024, ils n’étaient plus que… 19 500. En 2025, après avoir décidé de diffuser ce spectacle sur ses antennes via Internet sous le prétexte de s’adapter au goût du public, la RTBF se réjouissait du choix de Charline Vanhoenacker comme maîtresse de cérémonie et espérait un sursaut. Ce fut une débâcle : seuls 15 220 téléspectateurs regardèrent cette réception mondaine, ennuyeuse, emblématique de l’entre-soi culturel de gauche. Il y a de fortes chances que la prochaine cérémonie des René, animée par la moins drôle, la plus bête et la plus arrogante des humoristes belges, sera regardée par encore moins de monde. Quant aux artistes qui gagneront un prix ce soir-là – ou, en France, lors de la prochaine cérémonie des César – on aimerait qu’un véritable trublion ayant l’audace de l’humoriste anglais Ricky Gervais, le maître de cérémonie des Golden Globes 2020 qui osa dire ses quatre vérités à un public composé des plus éminents artistes, réalisateurs et producteurs américains, leur tienne le même discours : « Si vous gagnez un prix ce soir, ne l’utilisez pas comme une tribune pour faire un discours politique. Vous n’êtes pas en position de faire la leçon au public sur quoi que ce soit. Vous ne savez rien du monde réel. La plupart d’entre vous ont passé moins de temps à l’école que Greta Thunberg. Si vous gagnez un prix, montez sur scène, acceptez votre petit trophée, remerciez votre agent et votre dieu, et foutez le camp ! »


  1. https://vert.eco/articles/lhumoriste-charline-vanhoenacker-invitee-de-notre-podcast-cetait-mieux-apres ↩︎


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Amateur de livres et de musique. Dernier ouvrage paru : Les Gobeurs ne se reposent jamais (éditions Ovadia, avril 2022).

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