Zemmour dans Causeur (9 octobre)

Lorsque j’ai découvert la première page de Causeur, avec une photographie flatteuse d’Éric Zemmour ornée de ce titre tendrement humoristique : « Zemmour le Gaulois », j’ai eu un pincement au cœur. Par amitié pour Élisabeth Lévy, je suis un collaborateur régulier de Causeur. Tous les mois paraissent, réécrites, retravaillées, quelques-unes de mes interventions hebdomadaires sur RCJ. Aussi mon nom est-il maintenant associé à ce magazine.

Même si je m’agace parfois de voir Causeur prendre le contre-pied systématique de ce que nous appelons lui et moi le « politiquement correct » car, comme me l’a dit Paul Thibaud : « La contre-connerie peut être une autre forme de connerie. », j’assume ce lien. Je trouve que Causeur fait un travail courageux et même salutaire, j’y lis des articles et des entretiens passionnants, et je suis plus que jamais déterminé, en ces temps de terrorisme intellectuel, à ne pas montrer patte blanche. Mais je constate aussi que les obsédés du « pas d’amalgame » adorent amalgamer leurs adversaires. Ainsi mon nom est-il accolé désormais à celui d’Éric Zemmour. Dans les cercles toujours plus étendus de la vigilance, Finkielkraut-Zemmour, ça se dit désormais en un seul mot. Nous sommes une hydre à deux têtes. Et c’est injuste pour l’une comme pour l’autre.

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Alain Finkielkraut
philosophe et écrivain.Dernier livre paru : La seule exactitude. (Editions Stock).