La défaite en plaidant

Elle se heurte, elle se cogne. Aux hommes, aux règles, au poids des choses. Son baby-sitter la plante en lui faisant une leçon de morale. Son ex (l’excellent Laurent Poitrenaux), écrivaillon, graphomane autofictionnel, décrit par le menu ses turpitudes intimes, mêlant avec perversité le vrai et le faux. Son meilleur ami (le beau Melvil Poupaud) l’entraîne dans des problèmes insolubles. Et son sauveur (Vincent Lacoste) la vole allègrement. L’avocate pénaliste Victoria Pick (Virginie Efira) est donc au bout du rouleau. Tel est l’argument de la désopilante comédie de mœurs Victoria, réalisée par Justine Triet (La Bataille de Solférino), dont le ton, l’énergie, l’intelligence des situations et des dialogues (jamais lourdement « dialogués ») inaugurent un style assez nouveau et frais dans le paysage français du genre.

Si l’on peut regretter que Vincent Lacoste n’en finisse pas de faire du Vincent Lacoste (aimable mollasson post-adolescent à qui les réalisateurs ne se résolvent pas à donner un rôle un peu plus à contre-emploi – il y a pourtant, pour qui sait regarder, du tueur chez cet acteur !), on ne peut qu’être emballé par l’énergie contenue de Virginie Efira, qui tient à elle seule tout le film, assume avec naturel les situations les plus absurdes et nous entraîne dans de longs fous rires. Notons également l’excellente prestation de Laure Calamy dans le rôle d’une avocate survoltée – épatante !

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