Ceux qui croyaient au ciel s’étaient réfugiés dans les grottes de l’Histoire. Dehors soufflait le vent du progrès, emportant le vieux monde. Je faisais partie de ceux-là. Terrée dans ma nostalgie comme dans un bunker, j’attendais tranquillement l’apocalypse en écoutant Georges Brassens et en lisant Philippe Muray. Je croyais comme lui que, le monde étant détruit, il ne restait plus qu’à le versifier.

Les manifs ? J’y suis allée, oui, mais au début en traînant les pieds, légèrement écœurée par la marée rose bonbon des cortèges. Je pensais, en bonne réactionnaire, comme de Maistre, que « la contre-révolution ne sera[it] pas une révolution contraire, mais le contraire de la révolution ». J’étais gênée de défendre l’ordre dans la rue, inquiète à l’idée d’être conservateur en masse, agacée d’avoir à combattre pour mes idées en sweat rose fuchsia.

*Photo : Thibault Camus/AP/SIPA. AP21448275_000003.

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