Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a sonné le tocsin, mardi 27 mars, pour enjoindre les chaînes françaises de télévision de ne pas diffuser les vidéos des assassinats commis par Mohamed Merah et filmés par lui-même.

De son côté, le président de la République faisait savoir à son ami l’émir du Qatar que la France serait très fâchée si Al Jazira, la chaîne d’information panarabe basée à Doha (Qatar), envoyait dans le monde entier, via satellite, ces images qui lui ont été aimablement adressées par l’entourage de Mohamed Merah. Al Jazira se mit à réfléchir, et dans un geste de grande mansuétude, décida de ne pas diffuser ces images pour des raisons « déontologiques ».

Spontanément, on ne peut que se réjouir de cette unanimité visant à épargner aux téléspectateurs le spectacle de l’horreur absolue. Mais à la réflexion on ne peut que s’étonner du renversement de jurisprudence relatif à la diffusion d’images montrant des assassinats d’enfants de la part de notre autorité suprême de l’audiovisuel.

En effet, saisi par le CRIF a propos de la diffusion, le 30 septembre 2000 des images du Journal télévisé de France 2 montrant la prétendue mort d’un enfant de Gaza, Mohamed Al Dura, « pris pour cible » par l’armée israélienne, le CSA avait tranché : circulez, il n’y a rien à voir! Ou plutôt, on avait bien fait de montrer ces images aussi incontestables qu’emblématiques du conflit israélo-palestinien. Montrer de Juifs qui tuent un enfant arabe, même si cela est une méprisable mise en scène, est donc déontologiquement impeccable.

Le 30 septembre 2000, Mohamed Merah avait onze ans, et personne n’est venu lui expliquer que les Juifs, contrairement aux Palestiniens, n’ont jamais tué d’enfants de sang froid et à dessein. Merci le CSA.

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