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Terminus pour Terminator

Depuis lundi, Arnold Schwarzenegger n’est plus gouverneur de la Californie. La star quitte la scène politique après deux mandats avec un bilan plus que mitigé : à son arrivée au pouvoir, il y a huit ans, la dette de la Californie s’élevait à six milliards de dollars, son successeur, lui, en hérite d’une de plus de 25 milliards ! Sa déception est sans doute d’autant plus grande qu’il a très probablement entretenu le discret espoir que le Congrès des Etats-Unis modifie exprès pour lui la loi interdisant aux citoyens américains nés étrangers d’accéder à la Maison Blanche.

Pour la vie publique américaine sa retraite politique est en revanche porteuse d’espoir: sa vision post-Clausewitz de la politique comme showbiz continué par d’autres moyens se solde par un sanglant échec. L’homme qui a annoncé sa candidature chez Jay Leno, qui a brandi l’épée de Conan le Barbare pour illuster sa détermination contre la corruption et qui, pour sa première journée de gouverneur, s’est présenté aux caméras un balai à la main (« je vais vous nettoyer tout ça ») a découvert que la politique, la vraie, c’est un peu plus compliquée que ça. Dénué de marge de manœuvre après une politique d’ouverture plutôt maladroite et un glissement vers la gauche, au moins dans le discours, Schwarzie ne pouvait ni limiter les dépenses (blocage de Démocrates) ni augmenter les impôts (niet des Républicains).

Jerry Brown, son successeur à la Governor’s Mansion à Sacramento, est son exact opposé. Ancien gouverneur (1975-1983) et fils de gouverneur (son père, dans les années 1950, a construit la piscine de la résidence de gouverneurs de la Californie), il a essayé en vain de résister à la vague de baisses d’impôts qui allait amener Ronald Reagan (encore un gouverneur de cet Etat) à la Maison Blanche. Il aura, à la fin de sa carrière politique, la lourde tâche de faire face aux terribles conséquences de la célèbre « proposition 13 », adoptée en 1978, qui a diminué la taxe sur les propriétés, enlevant aux collectivités locales l’essentiel de leurs moyens pour financer les écoles et autres services les condamnant à leur misère actuelle. Et du fait de l’échec, le 2 novembre dernier, du référendum sur la proposition 19 sur la légalisation du cannabis, on ne peut même pas compter sur les taxes sur la marijuana pour combler les déficits publics…


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est historien et directeur de la publication de Causeur.

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