Il faut absolument entendre les Chrétiens de la région qui risquent de pâtir d’une intervention militaire en Syrie.

Plus généralement, avant d’intervenir en force au secours d’une cause juste et urgente, il faut prendre en compte les effets pervers et prévisibles de cette action bien intentionnée.

Le sort des minorités peut être une raison pour ne pas intervenir en Syrie. vIl faut mettre cette raison en balance avec les autres paramètres de la décision.

Pour autant, il est criminel d’arrêter au nom d’un principe moral inconditionnel, au nom du pacifisme, le bras armé qui s’oppose aux crimes.

Les politiques n’ont que faire de principes moraux inconditionnels.

Ils doivent peser tous les effets prévisibles des diverses options qui sont à leur portée, sans exclure a priori la force armée, et encore moins la menace de l’emploi du big stick.

Le jeûne mondial prôné par le pape n’a pas coupé  l’appétit à Bachar Al-Assad. Il lui a signifié qu’il pouvait continuer impunément à faire ce qu’il veut, en se foutant cyniquement du monde. Quant à la papauté, il est urgent de lui mettre le nez dans son passé. Voici des extraits de la bio de Pie XII sur Wikipedia.

« Après l’invasion de la Tchécoslovaquie, la diplomatie vaticane intervient pour empêcher la guerre, sans succès. Dans sa première encyclique, Summi pontificatus (20 octobre 1939), Pie XII dénonce l’engrenage de la guerre. Il choisit de maintenir l’Église hors du conflit des belligérants. À la supplique des évêques polonais décrivant les atrocités des Nazis, il réplique par la voix de Mgr Tardini :« Tout d’abord, il ne semblerait pas opportun qu’un acte public du Saint-Siège condamne et proteste contre tant d’injustices. Non pas que la matière manque (…) mais des raisons pratiques semblent imposer de s’abstenir. »

Mgr Tardini ajoute qu’une condamnation officielle du Vatican « accroîtrait les persécutions ». Pie XII précise lui-même :

« Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d’apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, comme d’autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve — malgré les raisons d’intervention — afin d’éviter des maux plus grands. C’est l’un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposé des limites dans nos déclarations.»

La leçon de tout ça ? C’est qu’il n’y a pas de principe inconditionnel à arborer en politique, et sûrement pas le renoncement inconditionnel à la force contre l’injustice.

La situation actuelle est terriblement complexe parce que tout ce qui affaiblit le camp des pires salauds risque de favoriser le camp de non moins pires salauds.

Alors de grâce, monsieur le pape, rappelez aux politiques qu’il faut protéger les Chrétiens,  c’est votre job, mais ne nous faites pas le coup du pacifisme bêlant. Ne nous faîtes prier pour une paix à tout prix qui promet l’impunité à un monstre.

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