Le discours des Mureaux est venu mettre un terme à des décennies de mansuétude face aux visées de l’islamisme au pays des Lumières et de la laïcité. Mais nous jugerons sur pièces la politique d’Emmanuel Macron contre ce péril terrible, quand la loi nous sera soumise. L’analyse de Céline Pina.


La prise de parole du président de la République, à l’occasion de son déplacement aux Mureaux, était d’autant plus attendue que le contexte en France se durcit énormément : le procès Charlie est en train de démontrer qu’en cinq ans l’influence de l’idéologie islamiste a progressé et que son emprise sur les musulmans et notamment sur la jeunesse ne cesse d’augmenter(1), la republication des caricatures a montré à quel point le niveau de menace dans le pays restait élevé et à quel point la liberté d’expression suscite encore et toujours de virulentes attaques. Dans ce cadre, les Français ont souvent eu l’impression que nombre de leurs représentants se distinguaient par leur lâcheté et leur déni. Là où les citoyens voyaient leurs vies, idéaux, principes et mœurs devenir les cibles de la propagande de l’islam politique, l’Etat trop souvent détournait les yeux ou préférait traiter de racistes et de suppôts d’extrême-droite les lanceurs d’alerte.

Toutes les religions ne posent pas problème

A ce titre, ce discours aura déjà au moins accompli une rupture symbolique : la réalité de ce qui se passe dans les quartiers a été dite, la volonté de l’islam politique de déstabiliser le pays a été reconnue, les ennemis ont été nommés, le danger séparatiste clairement décrit. Expliquer clairement que ce ne sont pas toutes les religions qui posent problème mais une seule était nécessaire. Cela a été fait. Autre point intéressant, le fait de s’appuyer sur le réel, de donner des exemples concrets et des réponses qui le sont tout autant : l’obligation de la scolarisation à trois ans, la fin de l’enseignement à la maison. Les faiblesses et clientélisme de certains élus ont été franchement abordés. Le meilleur contrôle des actes administratifs et la mise sous tutelle par le préfet des maires qui ne respectent pas la République est un très bon point. Il fallait le dire et l’oser. En illustrant son discours d’exemples précis, le président montre la volonté de l’Etat de reprendre en main le contrôle des services publics concédés. L’imposition de la neutralité aux employés est une vraie réponse aux dérives constatées au sein de la RATP, des bagagistes de Roissy…

Avec ce discours nous sommes au milieu du gué. Il offre une promesse de réveil mais derrière la fermeté républicaine affichée, le loup islamiste peut trouver une bergerie en mode portes ouvertes et des sources de financement non négligeables

Il fallait aussi du courage pour parler de l’entrisme au sein du monde associatif et de ses effets en termes de propagande. Le fait d’envisager le renforcement des contrôles et de donner plus de moyens pour dissoudre certaines associations quand elles contreviennent à nos lois et principes, est essentiel. Tout comme le contrôle des financements. Sur ces questions, il va falloir passer des mots aux actes et donner très vite des gages. La publicité des sanctions fait partie de la reconquête. Car l’islamisme ne pose pas seulement la question du séparatisme mais aussi celle de l’entrisme.

Qu’après une telle prise de position en termes d’ordre public, le président ait consacré un passage au réengagement de la République témoigne d’un souci d’équilibre lié à une majorité hétéroclite dont il faut nourrir à la fois l’aile droite et l’aile gauche, il est cependant dommage que le président ne parle souvent de république que pour la mettre en accusation et évoquer ses abandons, plutôt qu’en rappelant que la République n’est pas un guichet mais avant tout un projet commun et des idéaux partagés. Le réengagement de la république c’est avant tout le réveil citoyen. Quand le président dit que les islamistes ont construit leur projet sur nos reculs, il reprend assez bêtement une antienne de la gauche que le réel dément. La solidarité sociale est très forte chez nous. Ce qui recule ce n’est pas le soutien apporté au quotidien, c’est la croyance dans le fait que l’avenir sera meilleur que le présent. Et cela hélas concerne tout le monde. Mais c’est surtout oublier qu’en France, l’effort politique des islamistes porte moins sur le secours social, que sur la culture du ressentiment et du rejet, l’exaltation du clan et la haine des principes et idéaux qui nous constituent en tant que peuple. Leur discours installe les gens dans une infantilisation et une attitude passive où tout est attendu des pouvoirs publics comme un dû et où nul n’a conscience du capital social investi sur chaque habitant via la prise en charge de ses loyers, les aides pour payer chauffage, gaz, électricité, la CMU et la CMU C, les vacances payées par la CAF… Ce

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