À quelques encablures à peine du chassé-croisé-des-juilletistes-et-des-aoûtiens (évènement si colossal qu’il donne lieu chaque année sur les chaînes d’info continue à des duplex passionnants depuis des péages d’autoroutes), et alors que la marée de l’actualité est désespérément basse (malgré quelques squales…), une information a connu un certain succès. On a retrouvé une lettre qu’Albert Camus a adressée à Jean-Paul Sartre ! L’écrivain engagé écrit notamment au philosophe engagé : « Mon cher Sartre (…) je vous souhaite ainsi qu’au Castor de beaucoup travailler (…) Faites-moi signe à votre retour et nous passerons une soirée dégagée« . Un courrier sans aucun intérêt, qui ne révèle rien d’autre qu’une relation d’amitié littéraire entre les deux hommes, ce qui était connu. Autant que leurs brouilles légendaires, jusqu’à la rupture définitive lorsque Camus publia L’homme révolté, développant une critique des Etats totalitaires en général et de l’URSS en particulier. Un non-événement, donc, qui a pourtant eu les honneurs de reprises enthousiastes dans la plupart des plus grands médias. Un non-événement, qui ressemble fort à un simple coup de pub fatigant pour une exposition à venir au sujet de l’auteur de L’Etranger.

La nuit dernière, dans un rêve (mon imaginaire me joue des tours), j’ai vu cette dépêche fatalement fictive, qui nous emmènerait encore plus loin sur le chemin du fétichisme et du rien camusien… Nous la suggérons aux organisateurs de cette exposition, pour une seconde vague d’emballement médiatique.

©AFP Général – Vendredi  9 Août 2013 – 07:59 – Heure Paris

Découverte d’un ticket de métro et d’une liste de courses ayant appartenu à Albert Camus

PARIS (France), 09 août 2013 (AFP) – Une liste de courses ainsi qu’un ticket de métro ayant appartenu à Albert Camus ont été retrouvés dans les poches d’un pantalon de tweed marron que l’écrivain avait confié à la blanchisserie « Sans tâche », à côté du Café des sports de Lourmarin, et qui vient d’être miraculeusement exhumé par le nouveau propriétaire. « C’est une découverte capitale » a commenté un éminent spécialiste du philosophe, qui a préféré toutefois rester anonyme. On découvre sur cette liste de courses qu’Albert Camus mangeait du pied de porc, et appréciait le bouillon de poule. La mention raticide pourrait laisser penser que l’écrivain travaillait à ce moment-là sur le manuscrit de La Peste.

Par ailleurs, un ticket de métro parisien pour un trajet en 1ère classe a également été trouvé. Il a été confié à l’Université de Chicago (qui dispose d’un département spécialisé dans l’étude des tickets de métro de 1ère classe) pour analyse approfondie.

Ce ticket de métro et cette liste de courses seront présentés, parmi d’autres trésors inestimables, dans le cadre de l’exposition « Camus de Tipasa à Lourmarin », organisée du 3 au 8 septembre à Lourmarin pour le centenaire de la naissance de l’écrivain philosophe.

Tous droits réservés : ©AFP Général

Dans L’écume des jours, Boris Vian se moquait amicalement de la folie d’un de ses personnages qui collectionnait les vieux habits portés par son idole, un écrivain nommé Jean-Sol Partre (le clin d’œil à l’agité du bocal de Saint-Germain des Prés ne vous aura pas échappé). On a hâte d’observer le nouveau fétichisme camusien prendre son envol…

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