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Sandrine et la tentation Stasiste: la vie des autres et celle d’Adrien Quatennens en particulier.

Sandrine Rousseau dynamite la NUPES

Sandrine et la tentation Stasiste: la vie des autres et celle d’Adrien Quatennens en particulier.
Sandrine Rousseau manifestant pour défendre le droit a l Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Paris, France, le 28 septembre 2022 / Credit: Chang Martin/SIPA

Exploitant un différend d’ordre privé, Sandrine Rousseau détruit la réputation du dauphin de Jean-Luc Mélenchon au risque de déstabiliser toute la coalition dont elle fait partie. Cette façon de s’immiscer dans la vie intime des autres rappelle les pires travers de l’Allemagne de l’Est communiste.


En 2006, le film allemand La Vie des Autres met en scène un officier allemand de la Stasi à Berlin Est, chargé de surveiller un couple afin de compromettre le rival politique de son supérieur hiérarchique. Installé au-dessus de l’appartement de ceux qu’il est chargé d’espionner, il s’imprègne de leur quotidien et devient leur intime, par procuration. Le film décrit l’univers de suspicion et de délation en ex-RDA et le pouvoir de la STASI de s’immiscer dans la vie de chaque citoyen, poussant jusqu’à la dénonciation de leurs proches et certains jusqu’au suicide.

Apparu sur la scène politique française à la faveur des élections présidentielles de 2017, Adrien Quatennens fut l’un des porte-paroles de la campagne de Jean Luc Mélenchon qui l’investit par la suite pour les législatives et dont il sort victorieux. Issu d’une famille de la classe moyenne, il n’a pas suivi le parcours classique des élites politiques de notre pays: pas d’école alsacienne, ni de classe prépa dans les grands lycées, le fils de technicien et de vendeuse n’est pas né avec les codes. Pas de stage chez McKinsey pour le titulaire d’un modeste BTS. Armé de sa seule fibre militante, il se fera seul.

Mini-Mélenchon

Figure montante de LFI, Adrien Quatennens prend progressivement la lumière des plateaux des chaînes en continu et est régulièrement invité dans les matinales des radios. Coupe au carré, le regard perçant, la posture assurée et le verbe déterminé, l’ancien conseiller clientèle chez EDF se révèle progressivement un excellent débatteur, doté d’une colonne vertébrale politique robuste. Son assurance et ses convictions étayées, malgré sa relative jeunesse, détonnent parmi ses pairs de LFI, plus expérimentés mais au style plus emprunté. Ils se contentent souvent d’anôner et de répéter servilement ce-que-Jean-Luc-pense, le talent en moins. Nommé coordinateur du parti en 2019, c’est-à-dire successeur putatif de Mélenchon, il est réélu député du Nord en juin 2022. Il est l’avenir de LFI car adoubé par le chef. La formation d’extrême gauche sait identifier les jeunes talents, les coûver le temps nécessaire afin que les jeunes pousses éclosent au moment utile. Adrien Quatennens est fait de ce bois. 

Souverainiste de gauche, canal Chevènement, j’ai de nombreux et sérieux désaccords avec le parti de Jean Luc Mélenchon, principalement celui d’attiser et d’encourager les communautarismes de tous poils et les revendications victimaires les plus insensées. Néanmoins, l’honnêteté me pousse à admettre que l’on peut se retrouver sur des lignes telles que la défense de notre industrie ou sur l’Europe avec le refus de partager notre siège au Conseil de Sécurité, thèmes où l’Autre gauche semble avoir définitivement capitulé. Je sais donc faire la différence entre un adversaire politique, qu’il convient de combattre avec force et vigueur, et un ennemi. LFI est, pour moi, à ranger dans la première catégorie, l’adversité sans compromis n’étant pas incompatible avec une certaine forme de respect.

Pâle resucée bâclée du Programme Commun, version plus petit dénominateur commun, la NUPES réunit toutes les caractéristiques d’une improbable arche de Noé politique vouée à l’impasse. Issues de deals d’arrière-boutique conclus à la va-vite, entre l’élection présidentielle et les législatives, entre LFI et deux partis aux abois électoralement et financièrement, les investitures n’ont pas eu le temps de faire dans la dentelle électorale. Inévitablement, quelques Françoise et François Pignon, attirés par la gamelle, se sont invités dans ce dîner électoral, à fort relent de tambouille.

Parmi ces ingénus, l’inratable “écolo-féministe” (auto-désignée) Sandrine Rousseau, finaliste malheureuse de la primaire des Verts et sniper en chef du candidat désigné par son propre parti. Véritable cinquième colonne hors de contrôle, elle n’aura de cesse de plomber la campagne de Yannick Jadot qui ramait pour ramener un peu de rationalité et de laïcité dans son camp. Sentant l’opportunité d’affaiblir un peu plus la pièce rapportée écologiste en donnant une promotion à la dissidente, LFI s’empressa donc de valider la candidature de Sandrine Rousseau dans une circonscription parisienne en or, située en plein Boboland. Divisons pour mieux régner, pour LFI, elle sera la garantie que la zizanie règnera dans les rangs écolos, l’agent agitateur permanent qui les dynamitera de l’intérieur. Malheureusement, le calcul diabolique des insoumis se retournera contre ses initiateurs. L’idiote utile et illuminée n’aura pas la reconnaissance du ventre.

Pasionaria sans aucune discipline

Par la grâce d’une déposition qui aurait dû rester consignée dans l’enceinte d’un commissariat, un différend d’ordre privé, un divorce conflictuel, vient percuter la carrière prometteuse du député Quatennens. La main courante, qui relate une gifle, atterrit opportunément dans la boîte à lettres du Canard Enchaîné qui se fait immédiatement l’écho de l’incident. Malgré les protestations de la principale intéressée, la compagne du député, le contenu sera exploité sans vergogne par Sandrine Rousseau. La réputation du talentueux héritier de Mélenchon est carbonisée et son ascension dans l’appareil est stoppée net. Le chef même en est réduit au silence après qu’il a évoqué, un peu maladroitement et sans doute trop rapidement, la dignité de son protégé.

Avec ce nouveau fait d’arme dans sa besace, la nouvelle pasionaria des écolos parvient à alimenter le cirque médiatique pendant toute une semaine, alors que l’Ukraine est sous les bombes, que la Russie se crispe et qu’une crise énergétique sans précédent se profile. Jusqu’à présent, les radios et les télés se gaussaient des excentricités et des élucubrations de l’élue du 13e arrondissement de Paris. Les commentateurs riaient sous cape de ses multiples saillies verbales, au pire outrancières et, au mieux incongrues, sans que l’intéressée surtout ne se doute de rien, sur le format du fameux invité au dîner organisé par Thierry L’hermitte. 

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Étrangère à la discipline de parti chez les Verts, elle n’allait pas moins se gêner à la NUPES et donner libre cours à son naturel de social justice warrior, professionnelle de l’indignation, débusqueuse de toutes les micro-offenses de la vie, recruteuse de toutes les victimes à libérer, même malgré elles. Avec un air de nonne pure et habitée par le combat pour le Bien, elle sacralise de façon quasi christique la parole des femmes: comme la terre à une autre époque, la femme, elle, ne ment pas. 

Aujourd’hui, elle assigne à résidence un bébé-Mélenchon en privant de parole l’un des insoumis parmi les plus redoutables, en l’inscrivant au registre des délinquants politiques. La droite devrait-elle se réjouir des déboires de leur adversaire? Mauvais calcul car demain, le petit Pol Pot de salon pourrait faire bien plus de dégâts, au-delà de son camp, en remettant au goût du jour l’ostracisme et les condamnations à la mort sociale. Au contraire, la droite devrait dénoncer cette nouvelle pratique de “politisation de l’intime” (Mathieu Bock-Côté) qui déshonore les élus de la République et le débat public. Alors que le politique c’est la Cité, c’est-à-dire l’interdiction de pénétrer dans les foyers, dans les familles et, bien sûr, dans les couples. Après Quatennens et ses problèmes conjugaux, qui sera la prochaine Bête Immonde? Qui sera marqué du sceau de l’infamie, condamné à la relégation? Si elle n’a aucun scrupule à tirer dans le dos du meilleur des siens, elle en aura encore moins à en sacrifier d’autres sur l’autel de la respectabilité politique ou de la simple dignité. 

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Avec Sandrine Rousseau, on a désormais la preuve qu’il existe bien une extension du domaine de la lutte, c’est celui de la bêtise et ce n’est pas de bon augure: au-delà de l’excentricité rigolote de ses propos, plutôt révélateurs d’une fragilité mentale que d’une rigueur académique, on est en droit de s’inquiéter. Elle offre le visage immature du militant illuminé, au premier abord inoffensif. Mais, comme Poutine qui voulait aller “buter les terroristes tchétchènes jusque dans les chiottes”, elle n’hésitera pas à aller débusquer les comportements déviants jusque dans les lits. Avec son sourire d’amie qui nous veut du bien, elle est en train d’installer un désagréable climat de défiance, d’autocensure et d’inquisition moralisatrice. 

A vouloir fouiller dans la vie des autres, de préférence celle des hommes et des Blancs, elle représente un danger non seulement pour ses propres camarades, qu’elle n’hésite pas à clouer au pilori médiatique, mais aussi pour le débat politique de notre pays en général. Les Insoumis qui l’ont faite député doivent se mordre les doigts d’avoir promu cette gardienne (un peu trop) révolutionnaire. Ils doivent se dire qu’à trop surveiller la vie des autres, Sandrine Rousseau s’est trompée d’époque, de lieu et de milice. Sous la couverture de la pourfendeuse du patriarcat se dissimule, en réalité, un parfait agent de la Stasi qui s’ignore. 

Olivier Jouis est ancien cadre de Reconquête ! (responsable des Français de l’étranger), officier de réserve (Colonel de l’Armée de l’Air), et entrepreneur dans l’industrie aéronautique.


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