J’ai toujours pensé que la fête d’Halloween était une funeste importation en provenance des Etats-Unis d’Amérique. Tant qu’à s’imprégner de la « culture US », je considère qu’il vaut mieux lire William Faulkner que d’apprendre à introduire des bougies à l’intérieur de cucurbitacées évidées. Enfin, c’était mon avis…jusqu’à avant-hier.

Parce qu’avant-hier, un heureux alignement des astres semble avoir permis une belle coïncidence. Le petit pays du Sud de l’Europe qui a inventé la démocratie a rendu un hommage singulier au grand pays d’outre-Atlantique qui aime à l’exporter par les armes. De fait, après l’annonce par Georges Papandréou d’un référendum sur le nouveau plan européen, certains ont dû passer une nuit d’Halloween plus terrifiante que nature, entre stupeur, tremblements, et sueurs froides.

Hier matin, le réveil a été douloureux pour ceux qui considèrent le peuple comme un horrible monstre et la démocratie comme l’incarnation du mauvais œil. Le politologue Dominique Reynié, par exemple, semble avoir eu le sabbat difficile, qui nous annonçait dès pot(i)ron-minet sur Twitter un déferlement de sorcières sur l’Europe : « Papandreou vient de rendre un immense service à tous les populistes européens et au FN en particulier à quelques mois de 2012 ».

Il est vrai que Georges Papandréou n’a guère songé au Front National ni à l’élection présidentielle française lorsqu’il a annoncé sa stupide intention de consulter son peuple souverain. C’est dire s’il est mauvais camarade !

D’aucuns saisissent immédiatement l’occasion pour nous rappeler que la Grèce, en plus d’être peuplée de feignants et de fraudeurs, n’aurait jamais dû entrer dans l’euro. Ah ! Si Mario Draghi, le directeur flambant neuf de la BCE, ne l’avait pas aidée à maquiller ses comptes quand il officiait chez Goldman Sachs !

En tout cas, et puisque qu’il est question de l’euro, risquons-nous à pronostiquer qu’il est désormais sous respiration artificielle. Ce qui tombe plutôt bien : aujourd’hui, c’est la fête des morts.

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