Depuis quelques heures, il n’est pas un seul média, en Europe et dans le monde, qui ne relate les quelque 63 % des suffrages que serait parvenu à réunir Единая Россия, le parti de Vladimir Poutine, aux législatives russes.

On manie l’hyperbole et l’exagération ; on parle de « victoire écrasante », de « raz-de-marée » et de « triomphe ». Perdant toute mesure, certains font même de cette élection un « plébiscite pour le maître du Kremlin ».

On se demande si, dans les rédactions internationales, on n’a pas sorti un peu trop tôt blinis, caviar et vodka. Car, au même moment où Vladimir Poutine parvient à réunir très péniblement 63 % de son électorat, François Bayrou en réunit 96,8 % ! Incomparable.

33,8 % séparent l’un et l’autre. Comment expliquer alors que le Russe s’apprête à bénéficier d’une couverture médiatique mondiale, tandis que le Béarnais devra se contenter de quelques maigres entrefilets dans la presse quotidienne régionale ? N’y a-t-il pas là une effroyable injustice ?

Se trouvera-t-il seulement un journaliste suffisamment dévoué à la Vérité pour dénoncer l’exécrable rôle de Jean-Marie Cavada, qui a usé de son influence pour que les médias du monde entier dépêchent un correspondant spécial à Moscou et n’envoient personne à Villepinte ?

Quand le journaliste se trompe, le seul recours est celui de l’historien. J’en suis sûre : l’histoire, elle, se souviendra qu’un 2 décembre Napoléon Ier était sacré empereur, Napoléon III faisait un coup d’Etat et François Bayrou rétablissait, à lui seul, la démocratie planétaire. Quant à M. Poutine, souhaitons-lui qu’un jour il parvienne seulement à réunir plus de 96,8 % des voix à une élection. Il sera alors un vrai démocrate.

Lire la suite