Cet après-midi, j’ai lu ça sur Facebook : « Comment sortir l’union des Verts et d’Europe Ecologie de l’actualité ? Annoncer un remaniement…» Ne riez pas. Les adhérents d’EE, même s’ils sont mes amis, n’ont en général pas d’humour. D’ailleurs, je me demande si ce n’est pas une condition pour adhérer à leur mouvement. Tout comme il faut, semble-t-il, aimer les douches rapides à l’eau froide, les toilettes sèches, ou les biscuits bio au chocolat équitable si on est gourmand. Mais il va falloir arrêter.

Cet aimable folklore écolo aurait donc trouvé naturellement ce week-end sa traduction politique en machine de guerre à faire péter les scores à la présidentielle de 2012, en fusionnant les Verts et Europe Ecologie dans un chouette jamboree festif et équitable. Réunion qui aurait effacé les bouderies entre leur père à tous, Daniel Cohn-Bendit, la petite fille qui trépigne Cécile Duflot, et la grand-mère tape-dur, qui se voit déjà candidate, Eva Joly. Ne me demandez pas pourquoi il y avait des tensions à l’idée de fusionner tout ce beau monde qui, naturellement, ne pense pas pareil, ni n’est d’accord sur rien, je n’en sais que dalle. Histoires de personnes, de chapelles, de stratégie électorale. Querelles d’Allemands aussi pour savoir s’il vaut mieux promouvoir une écologie de la décroissance ou une économie de la sobriété.

« L’écologie, c’est le contraire du populisme. ». Nous y voilà.

Tout ce que j’ai vu, c’est des écolos enthousiastes quand Nicolas Hulot (celui qui faisait reverdir Nicolas Sarkozy) est monté sur scène pour saluer leur nouveau mouvement, sans pour autant annoncer son ralliement. J’ai vu aussi des écolos trépignant de joie quand Daniel Cohn-Bendit leur a annoncé que « l’écologie, c’est le contraire du populisme. » Nous y voilà. L’écologie c’est le contraire du populisme. L’écologie, quand c’est au niveau local, on essaie de te faire rêver avec des menus bios pour les gosses à la cantine ou plus d’espaces verts ou de logements sociaux HQE pour tous.

Quand on arrive en division 1, là c’est pain sec et eau tiède (pas trop, faudrait pas assécher les nappes phréatiques quand même) pour tous. La preuve c’est qu’Eva Joly, la juge intransigeante mais qui n’a jamais vraiment mené à bien une enquête, est d’ores et déjà présentée comme la candidate officielle de ce nouveau chouette rassemblement. Et que promet-elle : une « sobriété joyeuse », une rigueur budgétaire terrible, la justice implacable, la fin des conflits d’intérêts et un Etat-providence au régime sec. Tout pour rêver disons-le. Les écolos ont exigé de sa part un mea culpa en bonne et due forme concernant ses dernières déclarations. Qui ne reflétaient que son état d’esprit et pas la plateforme programmatique des Verts-Europe Ecologie. Fichtre ! À côté les bisbilles du PS concernant « l’égalité réelle » c’est de la petite bière (au houblon sans OGM).

Les Verts-EE ne sont donc pas populistes, ils sont stals. Et de la pire espèce. Ils sont catastrophistes. Ils sont décroissants. Ils sont tristes. Et même si je trie mes déchets, roule en vélo (heureuse bobo que je suis) et ne porte guère de crédit aux élucubrations de Claude Allègre, je ne voterai pas pour eux. Et je serais un travailleur honnête, je ferais pareil. Ils ne font pas de politique, ils font peur. Ne se pensent qu’en terme de force de nuisance (combien de sièges on peut piquer au PS à l’Assemblée, au Conseil Régional, ou n’importe où ailleurs). Et nous promettent des lendemains repeints couleur coulée de boue ou tempête tropicale.

La politique, ce n’est pas ça. Je ne parle même pas d’une campagne électorale. Alors, rassemblés ou pas, arrivés à l’âge de raison politique ou non, en dynamique ou sur le déclin, j’espère juste que la grand-messe de rassemblement entre les Verts et EE siffle la fin de la récré. Qu’on va enfin se rendre compte que les Verts-EE ne méritent pas tant de temps de parole, ni de crédit médiatico-politique. Les Verts ne font pas de politique. EE, qui était un mouvement si j’ai bien suivi et refusait l’étiquette de parti, ne fait pas de politique. Moyennant quoi, de nombreux militants socialistes et même parfois communistes, déçus de ne pas avoir les places qu’ils estimaient mériter, ont rejoint les rangs de ces deux groupes pour espérer se faire élire localement. Quand on pose sur de telles bases sa croissance, son audience et ses futurs succès électoraux, ça fout les jetons. Je dois être bien naïve notez…

Alors que les Verts et EE retournent s’occuper des problèmes locaux, fassent des manifs contre les autoroutes ou les tracés TGV, ce qu’ils font semble-t-il très bien. Mais vu les temps qui s’annoncent, j’aimerais autant qu’on laisse la politique à des gens aussi peu sérieux qu’eux, mais je l’espère moins dangereux. Et qui eux, ne vont pas m’obliger à abandonner ma baignoire ou ne me culpabiliseront pas dès que je laisse la lumière dans le couloir alors que je suis au salon. J’aime bien l’idée de prendre un bain chaud quand la tempête gronde dehors…

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