Chaque semaine, Philippe Lacoche nous donne des nouvelles de Picardie…
Les détracteurs de cette chronique (et ils sont nombreux dans le courrier des lecteurs, mauvais comme des teignes, haineux, bêtes comme des sangliers en harde – les cochons, eux, sont intelligents ; j’en apporte la preuve dans mon recueil de nouvelles Des porcs très célèbres, paru en 2001, au Castor astral) vont encore râler ; je les entends déjà : « Le Lacoche, il doit nous donner des informations de Picardie et le voilà qu’il nous parle de la Normandie ! Quelle buse égotiste ! (N.D.A. : les lecteurs planqués derrière les pseudos qui me détestent n’ont toujours pas compris que, dans le genre journalistique qu’est la chronique, il est conseillé d’employer le « je », qui renforce la subjectivité exigée par l’exercice). »

Détracteurs potentiels et imminents, vous faites erreur : c’est mon ami picard (il est originaire d’Albert, dans la Somme) qui nous a gentiment invités, la Sauvageonne et moi, dans son adorable fermette de Réville, dans la Manche, village situé au nord-est de la péninsule du Cotentin, dans le petit territoire du Val de Saire. Raymond Pronier, journaliste et écrivain (il est notamment l’auteur du beau roman Le Milan noir, paru chez Stock en 1986), et sa compagne Yinsu nous ont accueillis royalement et nous ont fait visiter les lieux. Avant d’arriver jusqu’à eux, nous avons fait du tourisme à Coutances ; nous découvrîmes la sublime cathédrale des XIe-XIIe siècles.
Sur les traces de nos libérateurs
À Saint-Sauveur-Villages, nous fûmes émus en contemplant, au carrefour des routes de Saint-Malo et de Carentan, au-dessus d’un magasin de vente de matériel médical, une énorme photographie en noir et blanc représentant un soldat américain embrassé par un vieux Normand, symbole de la reconnaissance éternelle que nous devons à nos amis alliés qui, avec les Soviétiques à l’Est (décisive bataille de Stalingrad qui mit la pâtée aux Teutons), nous débarrassèrent de la vermine nazie.
Carentan, justement ; nous nous y arrêtâmes. Le très bel hôtel de Dey nous séduisit ; il aurait, dit-on, servi de cadre à la nouvelle « Le Réquisitionnaire », d’Honoré de Balzac. Nous eûmes encore une pensée pour nos amis alliés car, dès le 6 juin 1944, la commune fut le théâtre de terribles affrontements entre parachutistes américains de la 101e Airborne Division et les Fallschirmjäger allemands. Ce sera finalement à la baïonnette que la ville sera prise par les Américains le 12 juin 1944. À la baïonnette : histoire de rappeler aux Prussiens les tranchées de la Somme et les combats de la Marne pendant la Grande Guerre. Dans ses mémoires, le général Eisenhower, commandant suprême des Forces alliées en Europe, écrit que Carentan fut la clé du débarquement.
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Nous fîmes ensuite un détour par Sainte-Mère-Église, histoire de revoir le mannequin imitant le parachutiste américain John Steele (1912-1969), qui est resté accroché au clocher de l’église au cours de la nuit du 5 au 6 juin 1944. Puis nous nous recueillîmes devant la plage d’Utah Beach, plage située à l’ouest des zones du débarquement allié, la seule située dans le département de la Manche sur la côte nord-est du Cotentin. Utah Beach s’étend de Sainte-Marie-du-Mont jusqu’à Quinéville sur environ 5 km de long, avec une zone d’assaut principale à hauteur de Varreville.

Et, pour satisfaire mes lecteurs détracteurs, faut-il leur rappeler que la 2e DB, commandée par le général Leclerc, y débarqua le 30 juillet 1944. Le général Leclerc, né le 22 novembre 1902 à Belloy-Saint-Léonard, dans la Somme, donc éminemment picard. Na !
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