Philippe Caubère. Photo: Michèle-Laurent.

Déjà quinze ans que Philippe Caubère écume les tréteaux avec son spectacle Le Bac 68. À force d’entendre narrer les aventures de son double Ferdinand, cancre aspirant cycliste-rockeur-poète-comédien qui se fout du tiers comme du quart, on pouvait craindre l’overdose. Raté !

Au théâtre de l’Athénée, dans l’antre de Louis Jouvet, à côté d’un Zemmour hilare, je me suis payé une bonne tranche de rire à l’évocation des Louison Bobet, Johnny Hallyday, Gérard Philipe et autres animaux préhistoriques qui peuplent l’imaginaire de Ferdinand, 17 printemps bourgeonnants. Seul en scène au milieu d’un décor spartiate, Caubère multiplie les clins d’œil à son public de « diplômés en lettres » sans jamais sombrer dans la mise en abyme scabreuse façon Jean Lefebvre. L’ancien complice d’Ariane Mnouchkine, dont il ne se lasse pas d’écorcher le patronyme, a le don de mimer tous ses personnages : l’examinateur du bac, Ferdinand, la cadette Isabelle, sa mère Claudine « paraphasique à cause de l’âge »