« Paris est une fête, et vous y êtes tous invités ! » Mais quel sera le dress-code? Hemingway ne l’a pas donné, la mairie de Paris s’en est chargé. Et plutôt deux fois qu’une : si avec son dernier clip promotionnel « Paris je t’aime », elle invitait le 23 septembre dernier le touriste étranger, devenu trop frileux depuis les attentats de novembre, à flâner en tutu et autres vêtements haute couture dans les rues, sur les toits, et jusqu’aux podiums des défilés parisiens, cette semaine, le ton est tout autre.

Bruno Julliard, premier adjoint au maire de Paris, l’a annoncé lundi chez Bourdin: touristes, à vous de troquer le Paris de la culture pour celui de la nature, une nature qui n’a pas horreur du vide, ni du dépouillement. Et ici, on ne parle pas seulement de se délester de la carrosserie de sa voiture, laissée au garage pour la journée du 24 septembre, mais de faire un pas de plus et d’abandonner quelques couches supplémentaires, adoptant ainsi de façon radicale « une manière de vivre en harmonie avec la nature ».

 

Le vœu, formulé par le groupe écologiste de Paris explore « la possibilité d’un lieu en plein air délimité au sein d’un espace vert ou piéton parisien permettant la pratique du naturisme ». Les arguments? Favoriser, avec le naturisme « le respect de soi-même, des autres, et celui de l’environnement ». Il faudra tout de même demander aux écolos-bobos en quoi la tenue d’Adam, arborée pour une sortie dans un lieu délimité le temps d’une journée estivale, préserverait l’environnement (quoique, qui sait combien les pavés souffrent des talons aiguilles?).

Si l’invitation ne convainc pas l’humoriste Fabrice Éboué qui a dit lui préférer l’obtention d’une place en crèche, dans l’espoir que « [son] enfant croise une puéricultrice avant un pénis », ce nouvel uniforme du vivre-ensemble épargnerait somme toute à l’Adam des villes la pomme de discorde que les plages françaises ont trouvée dans la tenue de bain.