On ne parle que de ça. Ou presque. 343 « salauds » ont allumé la mèche tendue par Causeur pour dénoncer la proposition de loi qui prévoit de taper au porte-monnaie les clients de prostituées. En infligeant des amendes à ces messieurs, la députée socialiste Maud Olivier espère éradiquer la prostitution, voire fabriquer un Homme nouveau à la sensualité « propre, démocratique et transparente », comme l’analyse notre rédactrice en chef Elisabeth Lévy.

C’est pourquoi nous avons décidé d’agir. Par un manifeste qui condamne avec la plus grande fermeté « la violence, l’exploitation, le trafic des êtres humains », autrement dit le proxénétisme, mais défend la liberté de se prostituer. Certes, « les prostituées par choix – celles dont il est question dans notre manifeste – représentent certainement une minorité. Mais on ne voit pas au nom de quel principe on pourrait libérer cette minorité par la force » argumente Elisabeth Lévy. Au nom du refus de la marchandisation du sexe, de l’avilissement de la femme, des pratiques sensuelles humiliantes, on pourrait parfaitement légitimer l’interdiction de la pornographie. On commencera par s’en prendre au cinéma X, puis aux œuvres dégradantes et amorales de Milo Manara, Mapplethorpe ou Bukowski.

Au-delà des alcôves, c’est toute la condition de l’homme post-moderne que nous auscultons. Sponsorisée par le magazine Têtu, l’exposition « Nu Masculin » au musée d’Orsay inspire ce questionnement à Paulina Dalmayer : « Les gays sont-ils seuls légitimes à parler du corps des hommes ? » Un petit tour sur place laisserait penser que les stéréotypes ne sont pas forcément du côté du mâle blanc hétérosexuel… Une expression prisée par le rédac chef de Lui, un certain Frédéric Beigbeder, dont on entend pis que pendre sur les sites féministes. Interviewé dans nos colonnes, l’écrivain se fait l’avocat du « droit à la légèreté », justifiant le mariage gay et la prostitution libre et consentie. À l’instar du comédien Philippe Caubère, également signataire de notre appel, l’écrivain dénonce la croisade anti-sexe des nouveaux inquisiteurs bien décidés à moraliser nos braguettes et nos froufrous. D’ailleurs, lorsqu’on ne le caricature pas, on coache le mâle contemporain dans des émissions de téléréalité maternantes. Pour l’enfant de la télé Pierre Lamalattie, que nous sommes heureux d’accueillir, le mari cathodique est un gosse à discipliner, sous peine de faire naufrager le couple… Que nenni, en pénalisant la prostitution, le législateur entend simplement protéger les prostituées des exploiteurs de tout poil, nous rétorque le « poisson rose » Philippe de Roux dans une tribune argumentée.

En sus de nos réflexions sur le Mâle, nous vous avons concocté un dossier sur les ressorts du vote FN et la faillite des stratégies de ses adversaires. Au bas de l’échelle sociale, dans la France des oubliés, en milieu rural ou péri-urbain, ça barde, nous confirme le géographe social Christophe Guilluy. Assorti d’un entretien avec le gaulliste Nicolas Dupont-Aignan, un voyage géo-électoral du nord au sud de l’hexagone vous attend. Sans complaisance ni diabolisation. Au fond, nous avons essayé de suivre la voie tracée par le regretté Philippe Cohen, auteur d’une biographie référence de Jean-Marie Le Pen. Le journaliste et essayiste nous a quittés le 20 octobre. Nous rendons hommage à ce « surdoué de la transmission », suivant la belle expression d’Elisabeth Lévy. De Jean-Luc Gréau à Henri Guaino, quelques-uns de ses amis, complices ou lecteurs lui disent leur chagrin et leur reconnaissance. Adieu, l’ami !

 Attention : Ce numéro est disponible en version numérique pour nos abonnés mais ne sera mis en vente chez les marchands de journaux qu’à partir de jeudi 7 novembre. Vous pouvez d’ores et déjà le commander sur notre boutique en ligne ou vous abonner grâce aux liens ci-dessous.

Causeur manifeste 343 salauds

     

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