« Quelles sont vos différences programmatiques avec Mélenchon ? » A cette question pas si idiote, Arnaud Montebourg a répondu samedi : « Aucune, sinon sur deux points » :

– L’augmentation (« délirante ») du SMIC à 1700 euros
– L’élection d’une Constituante pour la Vie République, ferment de querelles qui rappelle la chienlit ayant précédé l’instauration de la IVe République

Mais, plus important, devant le public du colloque de La Rose et Le Réséda consacré au dialogue roboratif entre Hubert Védrine et Régis Debray, le monsieur 17% des primaires socialistes a poursuivi sa diatribe d’un tonitruant : « Arrêtez de faire monter Mélenchon sinon il se retrouvera au second tour et n’aura aucune chance face à Sarkozy, tellement il est radical. Mettez-le sur twitter ! »

Après nous avoir éloquemment expliqué en quoi le hollandisme était un socialisme révolutionnaire pour l’Europe et la finance, l’éloquent avocat a ainsi confirmé que le candidat du Front de Gauche serait condamné à l’échec en cas de qualification surprise pour le second tour de la présidentielle.

Plus encore que les observateurs politiques, les amateurs de logique en seront pour leur frais. Après toute une campagne primaire martelée au son « ma ligne politique [qui, vous l’aurez compris, correspond à l’essentiel du projet de Mélenchon] est la seule qui puisse vaincre Sarkozy », Montebourg nous serine aujourd’hui que seul le social-démocrate Hollande sera en mesure de réunir une majorité électorale alternative.

De deux choses l’une : ou bien le désormais « représentant spécial » de François Hollande a toujours fait campagne pour la troisième place, bien planqué derrière les favoris ; ou bien croit-il sincèrement que le candidat officiel du PS doit éternellement endosser les habits usés du libéralisme social. Dans cette dernière hypothèse, il n’y aurait décidément plus grand-chose d’original à attendre d’une candidature Montebourg en 2017, 2022 ou 2027…

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