Michel Field est journaliste, romancier et animateur de radio et de télévision. Son dernier livre, Le Soldeur, vient de paraître chez Julliard.

 Causeur. Le héros de votre roman, Le Soldeur, se débarrasse de ses livres. Est-ce un acte d’émancipation ou un suicide ?

 Michel Field. C’est la question que pose mon livre : une bibliothèque constitue-t-elle le plus fidèle miroir d’une vie, ou un poids dont il faut parvenir à se délester ?  Est-elle une constante invitation aux voyages, ou une muraille qui finit par nous emprisonner ?

« Le passé n’est jamais mort, il n’est jamais passé », écrit Faulkner. Aucune citation ne s’applique mieux  à une bibliothèque constituée au fil des ans. Le narrateur du Soldeur s’interroge : comment classer les livres ? Par « genres » ? Par ordre alphabétique, chronologique, thématique, aléatoire ? Il y répond par la plus belle des idées : la bibliothèque idéale serait celle qui accueillerait les livres dans leur ordre d’apparition dans nos vies.

Ces questions hantent tout philosophe ou tout écrivain : pour pouvoir écrire, il faut avoir beaucoup lu et beaucoup appris. Mais il faut aussi savoir oublier tout ce qu’on a lu et appris.

*Photo:VARLEY/SIPAUSA/SIPA.SIPAUSA30084062_000002

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