Fidel Castro fut surnommé el lider màximo, par la CIA qui voulait l’apparenter aux dictateurs alors en exercice, disent les uns, par ses proches pour flatter leur nouveau maître, assurent les autres. Fidel aimait à poser devant l’objectif, un cigare planté entre les lèvres, imité en cela par le Che, bien plus photogénique d’ailleurs.

Le cigare de Castro, d’une vitole (gabarit) relativement modeste si on le compare aux « barreaux de chaise » qu’on associe volontiers au triomphe et à la puissance, devint fameux sous le nom de Cohiba. Le premier qu’on offrit au Grand barbu n’était pas encore baptisé. La légende rapporte qu’il s’agissait d’un simple « fuma », roulé par le producteur pour sa consommation privée. À ce sujet, on a longtemps prétendu que les regazadoras, en roulant les feuilles de tabac sur leurs cuisses ambrées, leur procuraient une saveur à nulle autre pareille. Il n’en est rien. Cette charmante légende tient son origine dans l’opéra Carmen, de Georges Bizet, d’après Prosper Mérimée, dont l’héroïne, en effet, se livre à cette opération dans la fabrique qui l’emploie.

Le tabac est soumis habituellement à deux fermentations en fût, alors que les feuilles du Cohiba en subissent une troisième, qui leur procure une suavité caractéristique. Aujourd’hui, c’est une marque prestigieuse, déclinée en plusieurs tailles. Les amateurs classent premier des cubains le Cohiba BHK 52, devant le Partagas lusitanias. Le Romeo y Julieta Churchills reserva arrive en troisième position.

Or, Manuel Valls, dimanche soir, après avoir pris connaissance du résultat des élections départementales, aurait manifesté son soulagement, voire sa satisfaction, en allumant un cigare devant son poste de télévision : il ne voulait pas manquer le duel du clasico, où s’affrontaient le Real Madrid et le FC Barcelone (2-1 en faveur du dernier).

Il faut dire que l’information officielle, relayée par des journalistes de télévision et de radio qu’on aurait pu confondre avec des militants du Parti socialiste, et largement aidée par des chiffres contradictoires et totalement incompréhensibles, semblait lui servir des félicitations sur un plateau d’argent. D’une défaite cuisante, qui relègue son parti derrière le Front national, et place largement en tête la droite traditionnelle, M. Valls tire une orgueilleuse leçon de « sursaut républicain » provoqué par sa vaillance antifasciste. Il ne s’est trouvé que Yves Calvi, lundi matin, à RTL, pour oser lui dire la vérité de son échec !

Le Premier ministre d’un gouvernement naufragé espère-t-il se sauver de la noyade en appelant à le rejoindre sur son radeau le parti des chlorophylliens d’EELV, ces manœuvriers de couloir, ces politiciens de seconde zone (verte) ? Il faut absolument que quelqu’un se dévoue pour faire entendre à Mme Cosse que son mouvement, son « particule », représente moins de 2% des votants !

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Patrick Mandon
Né à Paris, il n’est pas pressé d’y mourir, mais se livre tout de même à des repérages dans les cimetières (sa préférence va à Charonne). Feint souvent de comprendre, mais n’en tire aucune conclusion. Par ailleurs éditeur-paquageur, traducteur, auteur, amateur, élémenteur.
Lire la suite