On se félicitait de ce ministre de l’éducation, qui ne connaissant rien à l’éducation, n’avait aucune inhibition en face de ce mammouth chevauché par des feignasses surmutualisées et jamais contentes. Il avait ainsi appliqué, à l’école comme ailleurs, cette règle si visiblement bénéfique autour de nous du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Pour tenir le choc, il avait ainsi habilement articulé cette politique avec les marchands de portiques de sécurité et le ministère de l’intérieur, qui a récemment expérimenté le concept de forces spéciales à l’usage des lycées devenus par là-même à peu près aussi agréables à vivre pour les élèves et leurs (rares) professeurs que le triangle sunnite pour un GI. Mais là, patatras, Luc Chatel sombre à nouveau dans la démagogie et aggrave nos déficits. Il vient de décider, en effet, d’augmenter les professeurs débutants, selon les catégories, entre 157 et 259 euros. De tels avantages octroyés à des bacs +5 ne risquent-ils pas en plus de provoquer une véritable hémorragie dans nos vraies élites, les traders par exemple, qui vont déserter leur salle des marchés pour se précipiter sur les concours d’enseignement afin de pouvoir se goberger grâce à des postes de profs d’économie dans l’académie de Créteil. Le cap, des réformes, tu parles… La France a décidément du mal à se libérer de ses tropismes soviétiformes.

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Jérôme Leroy
Ecrivain et rédacteur en chef culture de Causeur.Dernier roman publié: Un peu tard dans la saison (La Table Ronde, 2017). Prix Rive Gauche