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Liberté de circulation: les Français n’en ont pas totalement fini avec les ZFE!

Roulez en Tesla ou restez chez vous...


Liberté de circulation: les Français n’en ont pas totalement fini avec les ZFE!
© SYSPEO/SIPA

L’État de droit, c’est plus fort que toi ! Le Conseil constitutionnel rallume la mèche sociale. Le 21 mai, il a censuré 25 articles de la loi de simplification de la vie économique, dont celui abrogeant les ZFE. À cause des Sages de la rue de Montpensier, nous n’en avons donc pas fini avec cet « apartheid » social masqué sous couvert de vertu écologique.


La technocratie écocitoyenne est, paraît-il, pavée de bonnes intentions. Une de ses incarnations normatives porte un acronyme bien connu : ZFE, pour « Zones à Faibles Émissions ». Derrière cette formule lissée se cache une réalité infiniment plus brutale que les promoteurs pseudo-écolos du projet tentent de masquer : la transformation de nos métropoles en « Zones à Forte Exclusion ». Sous prétexte de purifier l’air des centres-villes, l’État a voulu organiser le bannissement des classes populaires et moyennes périphériques.

Des centres-villes réservés aux bobos

L’absurdité de ce projet, comme jadis la fermeture de Fessenheim, saute aux yeux. Cette mesure ne présente aucun avantage écologique global substantiel. Elle déplace le problème, privatise le centre pour les privilégiés qui roulent à l’électrique, et rejette les émissions au-delà du périphérique. On ne règle pas la précarité énergétique et automobile des Français, on la repousse hors de vue des privilégiés du centre-ville.

Le caractère profondément discriminant des ZFE est en effet d’une violence inouïe. Pour des millions de Français, la voiture n’est pas un luxe, c’est un outil de survie. C’est le seul moyen de se rendre au travail, d’emmener un enfant chez le médecin, au sport, ou de maintenir un lien social. Décréter qu’un véhicule un peu ancien n’a plus le droit de cité, c’est assigner à résidence ceux qui n’ont pas les moyens de débourser 20 000 ou 30 000 euros pour une voiture électrique. C’est punir la pauvreté et récompenser le riche propriétaire d’une Tesla ou d’un SUV hybride.

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Cette déconnexion totale des élites prépare activement une nouvelle « révolte des gueux », comme le martèle l’écrivain Alexandre Jardin, fondateur du mouvement. À force de mépriser la France des fins de mois, celle qui travaille mais ne vit pas dans les beaux quartiers, le pouvoir allume la mèche d’une colère sociale explosive. Comment s’étonner du ressentiment grandissant des Français à l’égard de la politique quand on interdit l’accès à la ville à ceux-là mêmes qui font tourner le pays en occupant les postes les moins rémunérés et les plus pénibles ?

Décision inique

Le summum du déni démocratique a été atteint par une décision purement politique des neuf « Sages » du Conseil constitutionnel. Alors qu’un sursaut de lucidité avait saisi le Parlement (l’Assemblée nationale et le Sénat ayant voté de concert la suppression de ces zones absurdes), les magistrats de la rue de Montpensier ont choisi de rétablir les ZFE. Une décision inique qui en dit long sur le caractère hors-sol et la gauchisation de cette institution, qui avait déjà censuré la loi immigration pour les mêmes raisons idéologiques.

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Nous n’avons cessé, depuis des années, de dénoncer cette prise de pouvoir des juges qui nient la réalité du terrain et court-circuitent les élus locaux comme le Parlement. En imposant par le haut une mesure inapplicable et injuste, le Conseil constitutionnel (et l’État, qui ne proteste pas) s’entêtent dans l’écologie punitive au détriment de l’adhésion populaire.

Le peuple pense mal ? Ignorons le peuple, nous dit le pouvoir. Notre démocratie ne peut plus fonctionner en affichant un tel mépris de la majorité silencieuse. L’heure est venue, comme en Suisse, de consulter le peuple par référendum sur tous les sujets majeurs (immigration de peuplement, écologie punitive, éolien, sécurité, fiscalité, etc.). Autant de sujets sur lesquels l’opinion des Français n’est jamais prise en compte.

Si la transition écologique doit se faire contre les plus modestes, déjà durement touchés par l’explosion des prix des produits de première nécessité, elle ne se fera pas. Faute de quoi, les ZFE ne purifieront pas l’air, elles embraseront la société. Mais les aveugles et sourds qui nous gouvernent en ont-ils conscience ?



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Romancier, journaliste, conseiller politique, createur de l'Université du Futur

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