Il y a quelques années, ma fille qui était collégienne, me rapporta avec étonnement les recommandations que le personnel d’encadrement faisait aux élèves en cas d’agression. « Si l’on vous attaque, leur disait-on, jetez-vous par terre et roulez-vous en boule ! » Je reçus cette nouvelle avec la sérénité d’un rescapé du ghetto de Varsovie qui entend le dalaï-lama prêcher la non-violence et l’inertie face à l’oppression, mais je sus me contenir. La règle numéro 1 en matière d’éducation (ne jamais contredire le professeur) s’imposa, mais mon silence n’eut pas les effets attendus. La stratégie du cloporte ne fut pas retenue par ma progéniture, car je fus convoqué un peu plus tard au collège pour un problème de bagarre ou, si je veux être honnête, de bagarres.
La directrice me glissa les coordonnées d’une psychologue dans le tête-à-tête de son bureau et, soucieux de collaborer à la démarche éducative qui mettrait ma fille au diapason du vivre-ensemble, je l’emmenai suivre quelques séances à l’issue desquelles on conclut que le problème venait d’ailleurs. Je renonçai donc au recours des spécialistes pour tenter d’amadouer ce farouche esprit de résistance qui, jusqu’à aujourd’hui, me donne envie de me jeter par la fenêtre quand il m’est opposé.

*Photo : wikimedia.

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