Les Français l’ont bien compris. François Hollande veut faire comme tout le monde. Il voyage sur des vols commerciaux, prend le Thalys pour se rendre à Bruxelles et revient à Paris en voiture comme le ferait n’importe quel cadre moyen qui aurait raté le dernier train. Logiquement, lors de sa première intervention télévisée depuis son élection, le chef de l’Etat s’est justifié en brandissant l’argument de la simplicité.

Et comme il s’agissait de faire simple, simple comme Hollande, c’est lui qui s’est déplacé pour se rendre sur le plateau de France 2 comme l’aurait fait n’importe quel homme politique interviewé pour le JT. Donc exit tout le cérémonial de la prise de parole présidentielle avec drapeau, Marseillaise et apparition du président installé sur son trône républicain.

Jour après jour, François le Normal alimente, par sa phraséologie sévèrement quadrillée, le champ lexical de la normalitude. Dont acte. Sauf qu’en vrai, Hollande n’est normal que vu du ciel, comme dirait Yann Arthus-Bertrand. Vu d’en bas, c’est une autre paire de manches qui dépassent.

Avant de se pâmer devant le président normal, il aurait peut-être fallu regarder ce JT en compagnie des agents du service de sécurité. Parce que pour eux, la volonté obstinée du Président d’être anormalement simple se traduit par un nombre incalculable de risques. On imagine que depuis le 6 mai, les gardes du corps doivent avoir leurs oreillettes qui sifflent et leurs neurones un peu fatigués à force d’élaborer des scénarios dignes de 24 Heures. Pour ses anges gardiens sécularisés, la simplitude d’un François Hollande adepte forcené du stage diving génère chaque jour des situations dangereuses. Anormalement dangereuses…

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