Voilà qui commence bien. Contacté par l’intermédiaire de Pierre Lurçat – un ancien du Tagar (un mouvement de jeunesse sioniste) et essayiste qualifié par certains de « spécialiste de l’islamisme » –, un membre de la malfamée Ligue de défense juive qui se fait appeler Moiszek Kahana m’écrit : « Sachez que nous n’avons aucune confiance dans  les journalistes ou blogueurs amateurs et qu’elle ne s’acquière pas. Vous vous intéressez à notre mouvement, je vous réponds mais notre échange sera toujours fondé sur ce paradoxe : l’impossibilité de créer une relation de confiance et mon accord pour répondre aux questions, en gardant à l’esprit que votre papier ne nous sera pas favorables. J’espère ne pas apprendre que certains de nos militants auraient accepté d’échanger avec vous sans nous en avoir avisés. Combien de personnes avez-vous déjà contactées ? (sic et resic…) » En vacances, Moiszek m’envoie son mail depuis Jérusalem, « capitale de l’État juif », comme il n’omet pas de le préciser, promettant néanmoins de m’appeler à son retour en France. Deux jours plus tard, je reçois un appel depuis un numéro masqué. Sans autre forme d’entrée en matière, une voix jeune et grave m’informe m’accorder un entretien en dépit du fait que « Causeur est un canard de gauche ». Se pourrait-il que Moiszek soit tellement à droite que son sens de l’orientation en politique soit quelque peu brouillé ? Il ne l’exclut pas, mais affirme avec fermeté n’avoir jamais donné sa voix au FN : « Au petit-fils de déportés que je suis, cela paraît tout simplement inconcevable. »

*Photo: MEUNIER AURELIEN/SIPA.00673298_000004

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Paulina Dalmayer
est journaliste et travaille dans l'édition.
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