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La France des robots

La France des robots
L'écrivain Georges Bernanos (1888 – 1948) © Ann Ronan Picture Library / Photo12 via AFP

Une tribune de Marie-Hélène Verdier


Loin de moi de nier le crime de lèse-majesté qu’a représenté la gifle donnée au président  de la République française arrivant, les mains jointes à la japonaise, serrer les mains de ses sujets massés derrière les barrières. Dès Homère, à l’assemblée des chefs, on lit que la parole se substitue à la violence. Mais on sait aussi que la violence se substitue à la parole dans certains cas. Dans le cas de Damien, justice a été rendue. Et personne ne conteste cette justice.

Mais quel malaise d’entendre souvent le choeur médiatique manquer de mots pour qualifier l’inqualifiable et s’interroger mollement sur les raisons de cet acte, comme on le fait pour d’autres actes, délictueux ou criminels. Hier, à C dans l’air, on commentait la condamnation de Damien pour s’attarder sur la campagne présidentielle, tenue pour évidente, d’un président, très haut dans les sondages, en même temps que victime de violences. Comme si de rien n’avait été — ou presque—depuis deux ans. Eh quoi ? Tout reprendrait son cours normal ? Loin de moi l’idée de rallumer des braises mais cette émission ramenait à ma mémoire brûlante les événements insupportables  et douloureux de ces derniers mois.

Les Gilets Jaunes. L’arc de triomphe vandalisé. Les manifestations perpétuelles qui dégénèrent pendant les week-ends. Les blessés. Les commerces vandalisés puis fermés. Les vérités tues des ministres. Leur bal masqué. Les morts solitaires. Les morts sans sépultures. Les violences. La misère de beaucoup de Français. Mais aussi les doigts d’honneur à la France. Le dénigrement  de la France. Le reniement de la culture  de la France. Les jeux sur la pelouse de l’Elysée.

Il est, en préparation, un autre crime de lèse-majesté, passé sous silence dans les médias télévisés : le projet de loi inique qui supprime, en pleine nuit, la paternité. Ce qui est incompréhensible, ce sont ces députés qui ne sont pas là pour dire non. Ce qui est indigne, ce sont ces « fils de » qui ont usé d’une hérédité célèbre pour faire carrière et qui ne disent rien de la suppression du père dans notre Code civil. Tous ces intellectuels qui se réclament de Zola, dénoncent la censure dans des tribunes de journaux, et restent, la plume en l’air, sur ce sujet crucial. Car, enfin, aucun J’accuse ! n’a paru dans un journal du matin pour dire qu’il n’appartient pas à un président de faire, de par la loi, des Français orphelins. Ce qui est indigne, c’est que l’on ne s’indigne pas du droit exorbitant, que s’arroge un gouvernement, sous la pression d’une minorité à la botte de la CEDH.

C’est la mode de citer Bernanos. Ah ! La France contre les robots ! Mais, avec la PMA, on l’a, l’occasion rêvée, d’en faire une lecture « performative », de cette France des robots ! Ce qui est inouï, c’est que le peuple français, oublieux de son héritage juridique qui faisait la gloire de la France auprès des autres nations, ne soit pas dans la rue pour crier, devant les Chambres, haute et basse, son indignation, sa révolte, son refus de la suppression annoncée de la paternité, dans notre Code civil.

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Marie-Hélène Verdier est agrégée de Lettres classiques et a enseigné au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Poète, écrivain et chroniqueuse, elle est l'auteur de l'essai "La guerre au français" publié au Cerf.

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