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«J’espère aussi pouvoir défendre le roman contre l’autofiction, à l’Académie française!»

Distinction: l'écrivain et critique Éric Neuhoff élu à l'Académie française


«J’espère aussi pouvoir défendre le roman contre l’autofiction, à l’Académie française!»
Eric Neuhoff photographié en 2025 © Denis Felix

Éric Neuhoff, élu à l’Académie française


Âge de 69 ans, auteur notamment de La petite Française (1997) et Un bien fou (2001), il siègera au fauteuil de Gabriel de Broglie, essayiste et haut fonctionnaire décédé en janvier dernier. Florian Zeller, 46 ans, dramaturge, a également été élu ; il siègera à la place de l’historienne Hélène Carrère d’Encausse, décédée en août 2023. Un coup de jeune pour l’Académie ? C’est indéniable. Éric Neuhoff a bien voulu répondre à nos questions.


Contre l’écriture inclusive

Causeur. Que ressentez-vous après avoir été élu à l’Académie française ?

Éric Neuhoff. Surprise et fierté. Première phrase qui me soit venue à l’esprit : recomptez les bulletins !

Vous avez été élu au fauteuil de Gabriel de Broglie, essayiste et haut fonctionnaire ; le connaissiez-vous et que pensez-vous de lui ?

Je ne le connaissais pas personnellement, mais pour préparer mon discours je vais passer les prochains mois en sa compagnie et je vais devenir incollable sur le sujet.

Comme lui, défendrez-vous avec acharnement l’utilisation de la langue française et non pas de l’américain (il appréciait cependant la langue anglaise, ce qui doit vous plaire, vous, l’amoureux des Beatles !) ?

La langue française est une cour de récréation et un terrain de sport. Elle a ses plaisirs et ses lois. Je suis optimiste et je pense qu’elle est assez grande pour se défendre toute seule, grâce à sa beauté. Cependant, je me battrai de toute ma plume contre l’écriture inclusive qui me semble être un non-sens et une initiative aberrante qui complique et enlaidit ce qu’elle touche. Un dernier détail : je suis plus Rolling Stones que Beatles. Nobody’s perfect (en français dans le texte).

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En dehors de la défense de la langue française, quels seront vos autres chevaux de bataille ?

J’espère pouvoir défendre le roman contre l’autofiction qui me semble une des plaies contemporaines.

Comment s’est passée votre élection ? Postule-t-on à l’Académie française ? Ou est-on plus simplement proposé par des académiciens ?

Des amis – surtout un – m’ont sollicité. Il faut effectivement se présenter, envoyer une trentaine de lettres personnalisées, rendre quelques visites. Effectivement, on ne risque pas d’être élu si on ne s’est pas présenté.

Florian Zeller a été élu en même temps que vous. Ne pensez-vous pas que l’Académie, avec vos deux élections, prend “un coup de jeune” ?

Oui, en ce qui concerne Florian. De mon côté, la jeunesse me semble un souvenir, même si j’ai l’impression de ne pas avoir beaucoup changé.

Vous aimez donc le rock. Pourriez-vous nous citer quelques groupes qui vous ont marqué ?

Les Stones, donc. On ne se refait pas, même si j’ai cessé d’aller les voir en concert. Patti Smith avant qu’elle ne se prenne pour la réincarnation de Rimbaud. Leonard Cohen même s’il ne s’agit pas de rock. Aujourd’hui, je leur préfère Sinatra.

Vos écrivains préférés ?

Déon, Fitzgerald, Hemingway, James Salter, Drieu La Rochelle, Pascal Jardin, Geneviève Dormann. Il y en a trop pour les citer tous.

Un nouveau livre en préparation ?

Deux: un roman, Cahors sous la pluie et un livre sur le cinéma et les années 70.

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Il a publié une vingtaine de livres dont "Des Petits bals sans importance, HLM (Prix Populiste 2000) et Tendre Rock chez Mille et Une Nuits. Ses deux derniers livres sont : Au Fil de Creil (Castor astral) et Les matins translucides (Ecriture). Journaliste au Courrier Picard et critique à Service littéraire, il vit et écrit à Amiens, en Picardie. En 2018, il est récompensé du prix des Hussards pour "Le Chemin des fugues".

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