Effrayante Chine et son système de crédit social. Le spectacle de cette docile société confucéenne fait bondir nos âmes rebelles, éprises de liberté. Car, heureusement, la France n’est pas la Chine, n’est-ce-pas? 


Figurez-vous que les « autorités chinoises »  finissent de mettre en place un numéro d’identité unique attribué à la naissance, « nécessaire pour tout » et qui pourrait, dixit nos grands journaux de référence, être un « levier supplémentaire de discrimination envers certaines des cinquante-cinq minorités ainsi mises sous contrôle accru ». Mais, franchement, on a l’air de quoi avec notre pauvre numéro INSEE et notre malheureux RPNIP (Répertoire National d’Identification des Personnes Physiques). Petite joueuse, notre carte vitale, toute petite joueuse !

Petit bras

En plus, dans l’empire du milieu, ils n’ont vraiment pas de bol, avec leur SCS, Social Credit System, système de notation individuelle avec 1 000 points dans l’escarcelle au départ. Trop de points perdus, (une bagarre peut coûter jusqu’à 10 points), et hop, vous êtes punis et plus moyen par exemple d’acheter des billets  de train ou d’avion. Cloués chez vous. Confinés. Il n’y a pas à dire, nous la jouons vraiment petits bras dans l’hexagone avec nos 12 minables points de permis de conduire, nos 5 900 radars prévus pour la fin 2020 et nos 100 000  retraits annuels. Quel manque d’ambition !

Et puis, ce n’est pas tout. L’accès au crédit et même à la carte bancaire peut  être refusé à ceux qui ne sont pas bien notés. Ouf ! Heureusement que dans notre belle démocratie le fichage à la Banque de France et l’interdiction bancaire ne concernent que les mauvais payeurs et non pas ceux qui jettent des papiers par terre, crachent dans la rue ou promènent leur chien sans laisse.

Pas de ça chez nous !

Plus inacceptable encore, du moins d’après notre radio du service public : la note sociale peut même rendre difficile l’accès au logement. Quand on pense que chez nous, dans notre douce France,  pour être bien noté par une agence immobilière, il suffit de fournir  une quittance EDF,  trois bulletins de salaire, un avis d’imposition, une attestation de l’employeur, les quittances de loyer de la précédente location et une photocopie de la taxe foncière du garant si celui-ci est propriétaire. Il n’y a pas photo, on est quand même super tranquille sur ce coup-là.

Et pire, il paraît qu’« ils » se notent les uns les autres.  Ce n’est pas chez nous que cela arriverait. Parce que non seulement on est contre les notes à l’école ou à l’université, mais qui aurait l’idée saugrenue de noter son chauffeur Uber, son livreur pédaleur, son médecin, son boulanger, l’hôtel ou le camping où on va en vacances ou de dénoncer son voisin qui ne respecte pas le confinement ?

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Et le bouquet, je crois que vous n’allez pas en revenir.  Là-bas, heureusement très, très loin là-bas, le gouvernement contrôle les réseaux sociaux. Oui, vous avez bien lu. Les Chinois ne peuvent pas écrire ce qu’ils veulent. Imaginez, un seul instant qu’en France, une députée un peu sortie de nulle part propose de faire voter une loi qui, « quel que soit leur pays d’établissement contraindrait les opérateurs de plates-formes en ligne et les moteurs de recherche dont l’activité sur le territoire français dépasserait des seuils déterminés par décret, à retirer ou déréférencer dans un délai de vingt-quatre heures tout contenu manifestement illicite, après signalement par une ou plusieurs personnes ». Vous voyez le tollé que cela déclencherait !

Mais, ne nous laissons pas aller à la gamberge.  Dieu merci ! Nous ne sommes pas en Chine.

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