François Hollande. Sipa. Numéro de reportage : AP21945523_000003.

Taisez-vous, mon président travaille. Et c’est pas de tout repos, comme boulot. Je n’ai pas tout compris, mais il paraît que c’est pour l’Histoire, il peaufine la trace qu’il y laissera. On l’apprend ces jours-ci, à peine installé à l’Élysée François Hollande a dépensé une énergie considérable pour sculpter sa statue, comme s’il espérait faire disparaître par la magie du verbe le Hollande réel, celui que 15 % des Français disent vouloir reconduire à l’Élysée. Sauf qu’à l’arrivée, la statue – formée par cinq ou six livres de potins qui paraissent en librairie – est aussi normale et impopulaire que l’original. Cherchez l’erreur.

Quand le président travaille pour l’Histoire, ça se voit tout de suite : il piapiate avec des journalistes, qu’il nourrit de vacheries et autres bons mots sur les uns ou les autres, plutôt que de considérations de haute tenue sur la marche du monde. Le genre de trucs qu’on se raconte entre copines en se faisant les ongles : Machine, c’est à cause de son mec qu’elle m’a pourri la vie (en l’occurrence, il s’agit de Cécile Duflot, dont le président impute les incartades à l’influence de son compagnon). Même style très nature sur sa promesse d’inverser la courbe du chômage : « Je n’ai pas eu de bol. Mais ça aurait pu marcher. » En tirant au sort parmi toutes les politiques possibles aussi, ça aurait pu marcher. L’Histoire retiendra que « monsieur petites blagues » est devenu le « président pas de bol ».

Je ne voudrais pas faire ma populiste, moi la France, mais je l’ai un peu mauvaise.

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Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.