Amours présidentielles : cela ne nous regarde pas…

Amours présidentielles : cela ne nous regarde pas…

francois hollande gayet deneuve marceau En tant que cher lecteur et rédacteur d’Elisabeth Lévy, j’entends bien, comme l’on m’y invite, donner mon propre avis, forcément éclairé, sur ce grave sujet qu’est la vie sexuelle du Président de la République. Précisons d’emblée que comme tout homme qui se respecte, c’est-à-dire qui ne respecte pas les nouvelles normes anti-machistes, je succombe à un clinamen des plus naturels, celui de donner raison a priori à Sophie Marceau quoi qu’elle ait dit contre Catherine Deneuve.

Car c’est un fait avéré que tout Français a été amoureux au moins une heure dans sa vie de la brune quand la blonde relève seulement de la statuaire nationale, où aux côtés de Carole Bouquet et Isabelle Adjani, elle nous fait rendre grâce aux Phidias et Praxitèle qui les ont créées mais ne nous en touchent jamais qu’une sans faire bouger l’autre. Mais si l’on se penche jusqu’au fond de cette ténébreuse affaire, Marceau a encore raison : il est évident que la vie sentimentale et sexuelle de nos monarques nous a toujours concernés, nous autres Français, et c’est en quoi, featuring Alain Finkielkraut, nous demeurons le peuple le plus galant du monde. Il nous est en effet très nécessaire de savoir que Louis XIV a épousé Mme de Maintenon de la main gauche ; que saint Louis poutrait sa femme dès que sa mère avait le dos tourné et qu’il a même inventé deux croisades pour cela ; que Félix Faure qui se rêvait César finit Pompée ; qu’Henri IV croyait que c’était un os ; que son lointain rejeton Louis XVI au contraire subit l’une des premières opérations pour remédier à la paresse de popol ; qu’un récent président était Monsieur cinq minutes douche comprise ; enfin qu’un ancien Premier ministre, connu pour être la coqueluche de la gent féminine, aurait cédé au parti de la jaquette par amour d’un séduisant comédien. Aussi Sophie qui, n’en doutons pas, connaît parfaitement la théorie des deux corps du roi, est parfaitement fondée à dispenser, telle notre nouvelle Madame de Scudéry, bons et mauvais points au chef des armées. Il ferait beau voir que l’on interdît aux femmes à l’époque de Najat Vallaud-Belkacem le droit de manier la Carte du Tendre, qui demeure, quoi que l’on en dise, leur principale contribution au progrès de l’humanité.

Alors, bien qu’admirant la leçon paradoxale que François Hollande nous administre sur les vertus du mariage, devant tant de vulgarité, d’inélégance, de goujaterie, je n’aurai qu’un mot avec Sophie Marceau et Louis Aragon : feu sur l’ours savant de la social-démocratie ! Rendez-nous Mazarin, le Régent et Mitterrand ! À défaut de grands hommes, on demande des roués. Car il en va de l’honneur de la France devant le monde.  

*Photo : Zacharie Scheurer/AP/SIPA. AP21509143_000002. 


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est journaliste et essayiste.

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