Accueil Politique Easyjet : Vole, pigeon, vole !

Easyjet : Vole, pigeon, vole !

Easyjet : Vole, pigeon, vole !

Avion de la compagnie charter Easyjet

Avant, les avions faisaient rêver. Les voyages en avion, surtout. Pour les plus anciens d’entre nous, on se souvient de la chanson de Bécaud et de ses dimanches à Orly. Pour les plus coquins de la scène torride du roman et du film Emmanuelle où les avantages de la First Class sur un long courrier Paris-Bangkok étaient indéniables en matière de galipettes voluptueuses à haute altitude. Pour les plus romantiques, de la course de Jean Desailly vers la passerelle du Paris-Lisbonne sur le point de partir et qu’il attrape in extremis, accueilli par Françoise Dorléac en hôtesse de l’air dont il va tomber éperdument amoureux. C’était dans La Peau Douce, le plus atypique des films de Truffaut.

Bon, maintenant, on se réveille ! Tout ça, c’était le monde d’avant. Maintenant, l’époque est aux bétaillères volantes que sont les avions affrétés par les compagnies aériennes dites low-cost. Elles semblent cependant, depuis quelques mois, s’apercevoir des limites de leur modèle économique.

Prenez la compagnie britannique EasyJet. Elle a été sous les feux de la rampe cet été à cause d’une grève de ses pilotes sous-payés qui se sont aperçus que s’ils ne bougeaient pas, on allait finir par leur demander de servir des boissons (payantes) entre deux manœuvres et de faire le ménage pendant les escales qui durent deux minutes douche comprise. Elle a pourtant réussi à faire voler tous ses avions, ce qui si on y réfléchit, est légèrement inquiétant car on peut se demander qui était aux commandes. Hôtesses de l’air ? Adolescents cyberautistes doués pour les jeux vidéo ? Vétérans de l’escadrille Normandie-Niemen à qui on a fait croire à une attaque de stukas ? Non, dans la plus pure tradition du conflit social à l’ancienne, la compagnie a fait appel à des pilotes jaunes pour casser le mouvement. Précisons que le pilote jaune n’est pas nécessairement chinois, mais souvent étranger et trop content de trouver un job, même temporaire, même si ca brise les revendications des petits copains.

Ce n’est donc pas cette grève qui a fait fléchir la fréquentation des vols d’EasyJet mais un des autres délices des voyages low-cost : l’absence de sièges attribués spécifiquement à chaque passager. La directrice générale du groupe, Carolyn McCall, qui a le sens de la litote, a en effet remarqué que cette méthode « pouvait se révéler être une source de stress pour certains passagers, les dissuadant parfois de voler sur EasyJet ». C’est peu de le dire.

Qui a eu la chance d’embarquer une fois dans un Beauvais-Prague ou un Mérignac-Malaga (au hasard) sait que l’expérience est légèrement moins éprouvante qu’un combat de gladiateurs sous acide. On peut ainsi éprouver le civisme de ses contemporains, leur courtoisie et leur bienveillance à la façon dont ils vous assomment avec un « bagage à main » de trente kilos avant de vous achever à coup de talon pour être certain de se retrouver à côté du hublot, de bobonne, voire des deux. Adieu Emmanuelle, adieu Françoise Dorléac mais bonjours les bleus, le sandwich du voisin et sa bonne odeur de charcuterie industrielle.
Evidemment, ce nouveau service sera payant. Entre 4 et 15 euros au moment de la réservation. Mais bon, tout ça reste une bonne affaire et il reste quand même des choses gratuites dans un vol low-cost, il ne faut tout de même pas exagérer.

Par exemple, il n’y a pas encore de dames pipi à l’entrée des toilettes. Mais je ne voudrais pas donner d’idée à madame Carolyn McCall.

*Photo : wicho



Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !

Article précédent « Jean-Claude et Djamila » et « Déstigmatisons les Roms ! » : deux vidéos absolument scandaleuses
Article suivant Peillon-nous une bonne tranche de rire

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Le système de commentaires sur Causeur.fr évolue : nous vous invitons à créer ci-dessous un nouveau compte Disqus si vous n'en avez pas encore.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération