Il faut se faire une raison : la guerre chevaleresque, celle où les  protagonistes se combattent sans merci mais avec respect mutuel, fait désormais partie des légendes historiques illustrées par des œuvres littéraires grandioses et surannées. La guerre ne fut jamais uniquement une affaire de gentlemen, pas plus que le simple affrontement d’ignobles salopards. Il y eut des hommes d’honneur dans la Wehrmacht nazie, et des pillards, violeurs et assassins dans les armées alliées. On lira avec profit à ce sujet L’Europe barbare, de l’historien britannique Keith Lowe (éditions Perrin), qui tente en quelque sorte de mesurer le rapport de forces moral entre les armées engagées.

Dans nos modernes guerres, dites « asymétriques », où des États développés, technologiquement avancés, affrontent des entités non-étatiques ne disposant que d’un armement primitif, voire artisanal, il en va tout autrement. Le « faible » ne cherche pas à vaincre militairement l’adversaire, mais à ôter au « fort » la légitimité politique et morale de poursuivre son combat. Cette stratégie avait permis au général nord-vietnamien Vo Nguyen Giap de venir à bout de la superpuissance américaine en 1975

*Photo : Mohammad Sajjad/AP/SIPA. AP21074133_000001.

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