"La séparation, le divorce", gravure du XIXe siècle (SIPA/00613276_000027)

« Les époux peuvent consentir mutuellement à leur divorce par acte sous signature privée contresigné par avocats, déposé au rang des minutes d’un notaire. » C’est en ces termes que les députés viennent de voter un amendement déposé par le garde des Sceaux, qui permet désormais de se séparer en quinze jours, sans qu’un juge intervienne. S’il y en a un que cette disposition aurait vivement mécontenté, c’est Balzac. Une des grandes inquiétudes de La Comédie humaine concerne la famille : « La base des sociétés humaines sera toujours la famille. Là commence l’action du pouvoir et de la loi », fait-il dire à son Médecin de Campagne (1833).

Balzac pourrait ainsi venir au secours de l’UNAF[1. Union nationale des associations familiales.], pour qui le juge, dans le divorce, « assure, par son indépendance et son impartialité, la protection du conjoint le plus vulnérable ». On trouve une parfaite illustration de ce rôle dans L’Interdiction (1839), quand la cupide marquise d’Espard s’empare de la fortune de son mari, bon bougre lunatique, en le faisant enfermer.

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Jérôme Leroy
Ecrivain et rédacteur en chef culture de Causeur.Dernier roman publié: Un peu tard dans la saison (La Table Ronde, 2017). Prix Rive Gauche