Ainsi donc, il sera candidat : Jean Pierre Chevènement l’a dit samedi soir sur France2 et redit hier matin à nos confrères du Parisien.
Et en plus, il a même dit pourquoi : « J’ai beaucoup réfléchi, écouté. Et je suis candidat à l’élection présidentielle pour faire bouger les lignes. Ma candidature se veut pédagogique à l’égard des citoyens mais aussi des autres candidats. Ceux qui nous dirigent ne sont malheureusement pas préparés à faire face aux secousses très fortes qui sont devant nous »

Vous n’avez pas tout compris ? Alors Tonton Jean-Pierre, pédagogue en diable vous fait un dessin : « Nicolas Sarkozy ne nous offre qu’une austérité à perte de vue : son horizon est le maintien du triple A. La souveraineté populaire a été transférée aux agences de notation ! Quant à François Hollande, il promet de réduire le déficit budgétaire à 3 % du PIB en 2013 sans remettre en cause la logique actuelle de la monnaie unique. »

Et voilà pour les deux favoris, rhabillés pour l’hiver. Mais les autres candidats n’ont pas été oubliés : JPC veut faire barrage à Marine en se posant en candidat authentiquement patriote : « Le patriotisme, c’est l’amour des siens, le nationalisme, c’est la haine des autres. La nation est le cadre irremplaçable de la démocratie et de la souveraineté. Je suis un candidat patriote, ce qui ne m’empêche pas de vouloir redresser l’Europe ». On s’en doute, Eva Joly n’est pas oubliée non plus dans la distribution des prix : « Qui sait que la fermeture du tiers de notre parc nucléaire coûterait 250 Mds€ et renchérirait de 40 % la facture d’électricité pour les Français ? »

Faute de place, sans doute, rien dans cette interview sur ses deux concurrents en apparence les plus proches, Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Luc Mélenchon. Rien non plus sur Bayrou, qui lui avait un peu fait les poches sur la fin de la campagne en 2002, qui avait récupéré nombre de ses électeurs en 2007 et qui pour 2012 a choisi un slogan de campagne méchamment chevènementiste « Produire et instruire ». Ce qui n’empêchera le Che, rassurez-vous, de faire campagne sur les thèmes qui lui sont chers depuis toujours et qui firent aux primaires le succès inattendu d’Arnaud Montebourg : démondialisation et réindustrialisation : « J’irai dans les usines. L’avenir de la France passe par sa réindustrialisation. La reconquête de l’électorat ouvrier, cela me paraît essentiel. Les couches populaires se reconnaîtront dans ma campagne »

Donc, les amis, si comme moi vous voulez aller écouter, voire applaudir, Jean-Pierre, rendez-vous à l’usine la plus proche. Avant d’entrer, faites néanmoins gaffe qu’elle n’ait pas été transformée en spa, en loft ou en bar à soupes bio…

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