En cette année de coup d’État technocratique transalpin, l’Encyclopédie des nuisances publie, dans un seul volume de 150 pages, deux essais décapants de Piergiorgio Bellocchio : Nous sommes des zéros satisfaits et Limiter le déshonneur. Fondateur des revues Quaderni piacentini (1962) et Diario (1985), l’italien Bellocchio avait abandonné le confort douillet de la gauche radicale pour rejoindre la vraie marge, celle qu’honnissaient tout aussi violemment l’ultragauche que les ennemis démocrates-chrétiens.
Au fil de ses chroniques, les cibles de Bellocchio ébauchent un autoportrait indirect. Son sens de la cruauté va jusqu’à l’auto-flagellation lorsqu’il confie son plus grand mépris pour la profession de journaliste, qu’il a du reste exercée pendant la plus grande partie de sa vie. Ainsi nous apprend-il qu’au début du siècle dernier, « finir dans le journal représentait pour nos vieillards l’un des pires malheurs, une véritable honte […] Le métier de journaliste était considéré comme à peine moins infamant que la prostitution » !

Derniers ouvrages parus : Jaime Semprun, Andromaque je pense à vous (posthume, 2010) ; Jean-Marc Mandosio, Longévité d’une imposture : Michel Foucault (2010) ; Piergiorgio Bellocchio, Nous sommes des zéros satisfaits (2011).

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Daoud Boughezala
est directeur adjoint de la rédaction et rédacteur en chef de Causeur.
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